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Je me nome Philippe Valbert, j’ai quarante-six ans, je suis officier de renseignement, ce qu’on appel plus communément un espion. Mon boulot au sein de la DST n’a rien à voir avec ce que l’on peut voir dans les films d’espionnage ou lire dans les romans de même catégorie, ce sont en général des enquêtes longues et ennuyeuses, le plus souvent à la limite de la légalité, mais bénéficiant de la protection des services les officiers de renseignement bénéficient d’une certaine immunité. Je porte une arme bien sûr, mais n’en fait que très rarement usage, sauf au stand de tir. J’ai par contre une formation très polyvalente, je dois être apte à parer à toutes situation, aussi bien poser des micros dans des locaux privés, que craquer le mot de passe d’un ordinateur en moins d’une minute, déminer un explosif, je suis aussi bien entrainé au sports de combat, qu’à courtiser une femme pour lui soutirer quelques informations utiles. Je parles couramment cinq langue étrangères, et suis capable de me débrouiller honorablement dans trois de plus, je peux conduire ou piloter quasiment toute sorte de véhicules, ma formation a coûté une somme considérable à l’état, et tout ça pourquoi ? Etre la plus part du temps dans un bureau, devant un écran à trier des infos et faire des vérifications.
Après mon travail, avant de rentrer à la maison, je m’arrête en général prendre une bière dans un petit bar de motards, j’aime cette ambiance de musique country, ce cadre chaleureux, j’aime écouter certains se venter de leurs exploits sur leurs machines ou regarder d’autres jouer au billard. J’y passe une petite demi-heure trois ou quatre fois par semaine histoire d’oublier la routine du travail, ensuite je rentre à la maison pour y retrouver la routine du foyer. Ma famille ne sait pas quel est mon travail, pour eux je ne suis qu’un simple fonctionnaire de police détaché à la DST, et c’est bien ce que je suis en fin de compte, un simple fonctionnaire. La semaine au travail avec des horaires de bureaux, le weekend en famille, tondre la pelouse, faire un barbecue, repeindre les volets, et quelques fois une sortie à la campagne ou à la mer. Le soir en rentrant à la maison je dépose mon arme, mes menottes et ma carte dans un petit coffre que j’ai fait installer dans ma chambre, les enfants sont toujours trop curieux, je ne voulais pas qu’un jour ou l’autre ils soient victimes d’un accident. Bien souvent ma femme m’avait demandé pourquoi porter une arme puisque je travaille dans les bureaux ? A chaque fois je lui réponds que c’est le règlement et en général la conversation ne va pas plus loin.
Elle m’indiqua l’heure et la porte d’embarquement et je me rendais tuer le temps au bar devant un bon petit déjeuné. A l’heure dite je me présentais à l’embarquement, là je déposais tout ce que j’avais dans les poches ainsi que mon attaché-case, ma veste, ceinture, et mes chaussures dans un petit baquet, à l’exception bien sûr de mon pistolet automatique que je portais à la cheville pour l’occasion et de mon petit émetteur dans une poche intérieure de ma chemise. Je passais le premier contrôle avec succès, les agents de sécurité remarque facilement l’air tendu de ceux qui passent le contrôle avec des objets en fraude, mais d’une j’ai été entrainé à avoir du sang froid et ne pas laisser paraitre quelconques émotions, et deuxièmement je porte mon arme de service tout les jours, elle fait partie de tout ce qui me suit comme le téléphone portable ou le stylo, donc ça ne me rend absolument pas émotif de la porter. J’aurais très bien pu gagner du temps en déclinant mon identité au service de police de l’aéroport et leur faire mon rapport, mais je suis assez perfectionniste pour aller jusqu’au bout de la mission et faire le vol retour dans les même conditions. En plus me taper une bonne bouillabaisse sur le vieux port était une idée bien tentante. Me voilà donc parti pour Marseille, un vol rapide et sans encombre, je n’eus pas plus de difficultés à sortir de l’aéroport de Marseille que je n’en avais eu à entrer dans celui de Paris, et il ne me restait plus qu’à me mettre en quête d’un bon petit restaurant pour déguster ma bouillabaisse. Pour un agent des services secret c’était une mission de routine, mais bientôt avec le scanner corporel ça compliquera un peu plus le processus, pour rendre l’arme invisible il faudra la camoufler dans un bon morceau de viande à porter le plus discrètement possible à même le corps car les rayons ne voient pas au travers de la chaire.
Pendant que les fonctionnaires se précipitaient à l’extérieur pour mettre en place un cordon de sécurité, je restais dans le bureau pour observer l’explosif. Je savais que je n’avais pas grand-chose à craindre dans l’immédiat, cette bombe avait sans aucun doute été programmée pour exploser en vol, ou par un système de minuterie, ou alors grâce à un altimètre qui devrait la déclencher à une altitude choisi. Ce qui était inquiétant c’était la complexité de la bombe, ce n’était pas un travail d’amateur. Dans un certain sens ça peut être rassurant car les pros suivent des règles, ils ne font pas n’importe quoi, contrairement aux amateurs qui, par manque de connaissance, construisent des engins explosif qui peuvent vous péter à la gueule à n’importe quel moment ! Bien au contraire celle-ci avait été construite avec soin, mais conçue pour compliquer l’intervention de l’artificier, elle comportait de nombreux pièges. Seulement pour moi le problème majeur était ailleurs, si des pros avaient conçus cette bombe c’était pour une raison bien précise, pour quelle raison voulaient-ils faire exploser le vol Paris New-York ? A qui avions-nous à faire ? Cette bombe avait-elle des sœurs encore à bord de l’appareil ? Je venais de mettre le doigt sur un acte terroriste sans avoir aucune information sur leurs motivations, il ne fallait surtout pas que cette bombe explose car j’avais l’intention de l’interroger. En effet en comprenant son système je pouvais avoir des informations sur son origine, et peut-être même découvrir qui l’avait conçu. De là la DST pourrait remonter jusqu’aux terroristes et tenter démanteler la cellule avant qu’ils ne puissent mettre à bien leur plan. N’étant pas équipe pour désamorcer cet explosif, je me contentais de l’observer en évitant de trop y toucher, la croyant inoffensive les deux policiers l’avaient peut-être déjà manipulé sans prendre de précaution et un geste malheureux de ma part pourrait être fatal. Je ne tardais pas à être rejoint par l’équipe des artificiers qui me suggéraient de sortir et de les laisser travailler, ma présence n’étant plus nécessaire je convenais que je pouvais être plus utile ailleurs. J’attendais quelques minutes qu’ils aient installée une cage de faraday autour de la bombe pour utiliser mon portable car dans certain cas les ondes radio peuvent être un élément déclenchant. Une fois la bombe bien isolée d’ondes extérieure je passais un appel à mon service pour en informer ma hiérarchie et demander un adjoint pour m’assister dans mon enquête. Quand le colonel Lembrix me dit qu’il m’envoyait un expert je m’attendais à voir débarquer un vieux baroudeur qui avait passé la plus part de son temps dans des zones de guerre, mais un peu moins d’une heure plus tard je fus surpris de voir arriver une petite jeune femme d’en virons un mètre soixante, elle ne devait pas peser plus de quarante-cinq kilos, et sans doute pas avoir plus de vingt-cinq ans. Je ne suis pas sexiste, mais je n’étais pas certain que cette blondinette en tailleur, portant de petites lunettes rondes et un ordinateur sous le bras me soit d’une quelconque utilité. Bien que je ne la connaissais pas et ne me sois manifesté en aucune façon, elle vint directement me voir et me montrant sa carte elle se présenta :
En tout début d’une enquête on est dans le brouillard, pas assez d’éléments pour faire des hypothèses, selon la formule bien connue il faut tout d’abord savoir à qui profite le crime ? J’avais donc pour commencer une bombe que le lieutenant Malivai était en train de passer au crible, une liste de cent-quatre vingt-trois passagers plus les membres d’équipage où peut-être se trouvait un kamikaze ou quelqu’un visé par un contra, et… Bien rien de plus en fait. Cependant un petit détail me taquinait un peu, j’étais un agent confirmé, apte à me faire passer pour quelqu’un d’autre en me glissant dans la peau d’un personnage, dans ma voiture de livraison je n’ai pas eu de mal à me faire passer pour un livreur au poste de garde, l’aéroport n’étant pas une base militaire mais quand même il m’avait peut-être laissé passer trop facilement. Sans pour autant perdre de vu que les quais de chargements sont une vrai passoire, que l’agent de sécurité à l’entrée ne fait qu’un travail minimum pour un salaire minimum, que je suis passé à une heure particulièrement chargée, que l’agent de sécurité était seul à ce moment là, mais ça méritait de se renseigner sur le gardien en poste à l’heure de mon passage. Bien que ma qualité d’agent de la DST me permette d’avoir toute autorité pour agir, je demandais au commissaire Lebourgeois de m’accompagner, d’une parce que mon enquête commençait sur son secteur et que c’était la moindre des courtoisies de l’y associer, de deux parce qu’il connaissait son secteur comme sa poche ce qui n’était pas mon cas, et puis c’est aussi il est toujours préférable d’être accompagné de la plus haute autorité pour se faire ouvrir certaines portes.
Nous sommes des fois un peu trop soupçonneux dans les services secrets, mais seulement la première impression est souvent la bonne, et le comportement un brin laxiste de l’agent de sécurité plus son départ soudain avant la fin de son service méritait de lui poser quelques questions. Je laissais faire les policiers qui venaient de nous rejoindre et connaissaient bien leur secteur, je restais plutôt en observateur, c’est souvent payant d’observer le comportement des gens, dans la file d’attente des véhicules je pouvais voir toutes sortes d’attitudes, de la colère à l’impatience, ou de l’inquiétude à la résignation. Assez rapidement je remarquais un homme d’une trentaine d’années qui avait l’air de cacher son angoisse, en regardant mieux je remarquais que sous son blouson civil il portait un uniforme très ressemblant à celui des agents de sécurité, l’âge, la corpulence, et l’allure pouvait correspondre a celui qui m’avait laissé entrer quelques heures plus tôt. Je n’avais pas eu le temps de vraiment l’observer lorsque j’étais passé avec ma bombe factice, mais le peu que je l’avais vu me suffisait pour me donner l’envie de contrôler si mes doutes étaient fondés. J’étais encore à une dizaine de mètres de sa voiture quand il sortit et tenta de fuir en courant sur le parking, bien que j’accumulais au compteur une quinzaine d’années supplémentaire, je le rattrapais sans mal, le métrisais, et le menottais sans problème. Je fus tout de suite rejoint par Lebourgeois et deux de ses hommes qui s’occupaient de l’individu.
Jouer le rôle du méchant dans un interrogatoire ne m’a jamais plu, mais ça s’avère très souvent payant, en tout cas dans ce cas là ça le fut. A partir de là il nous dit tout ce que l’on voulait savoir et même plus encore, Lebourgeois fit faire un portrait robot, j’avais à présent de quoi aller plus loin dans l’enquête. J’envoyais le portrait robot par mail à mon service et je passais un coup de téléphone pour faire mettre sous surveillance le bar ou l’agent de sécurité avait rencontré son contacte, mais je savais à l’avance que ça ne nous servirait à rien, car si l’assassin retourne sur le lieu de son crime, le terroriste n’a aucune raison de le faire, il en a les images à la télé. Il y avait donc très peu de chances pour que le contacte retourne dans ce bar, mais comme il ne faut rien négliger, surtout lorsque l’on a peu d’éléments pour débuter une enquête, je faisais le nécessaire. Ensuite je retournais voir où en était le lieutenant Malivai avec sa bombe, elle avait fini son expertise et m’attendais à l’accueil du poste de police. Ce qu’elle avait à m’annoncer était quelque peu surprenant, et dérangeant aussi, l’engin explosif était, d’après ses premières constatations, de conception française, un travail soigné, ce qui laissait à penser que c’était l’œuvre d’un professionnel, elle n’avait relevée aucune empreinte, mais pour plus d’informations il lui fallait l’amener au labo. Ce qui me gênait dans son rapport sommaire, c’était que la bombe était de conception française, qu’elle est été conçue en France est une chose, mais conçue par un artificier français en est une autre. En effet en général les terroristes agissant sur le territoire national ont reçus une formation à l’étranger, si le lieutenant Malivai ne se trompait pas cela voudrait dire qu’un orfèvre de l’explosif avait rejoint une cellule terroriste. Les artificiers capables de concevoir un tel engin ne sont pas légion, et la plus part sont des militaires ou fonctionnaires, ce qui veut dire qu’ils connaissent nos méthodes
Quoi de mieux de faire le point pendant le déjeuné ? C’est un moment relax où la tension retombe, donc des idées plus claires, et puis lorsqu’une enquête débute on ne sait jamais où cela nous mène, si nous aurons le temps de nous restaurer plus tard, autant en profiter pendant que nous l’avons. En plus je n’aime pas déjeuner seul, et cette ravissante jeune femme était plutôt de bonne compagnie, de plus si nous avions à travailler ensemble par la suite il faut également apprendre à se connaitre un minimum. Comme je m’en serais douté elle est sorti major de sa promotion, sous son joli minois elle avait un véritable ordinateur dans la tête, elle était plutôt efficace dans son labo mais sans doute un peu perdu sur le terrain. Bien que les agents reçoivent tous une formation, ou tout au moins une évaluation, de base à leur entrée dans le service secret, certains ne sont recrutés que pour leur compétences et leur spécialités même si celles-ci ne sont pas toujours celles les plus recherchées sur le terrain. Le lieutenant Malivai devait être, à mon avis, cantonné dans sa spécialité, et je craignais que dans l’action elle ne soit pas apte à se tirer de situations quelques fois périlleuses. Seulement le service a besoin d’experts dans leurs domaines, mes compétences d’artificier ne m’auraient pas permis de faire l’analyse que le lieutenant Malivai avait faite, ceci est un gain de temps très appréciable dans une enquête.
De retour au bureau je remettais un premier rapport au colonel Lembrix, je nommais le seul agent qui restait disponible pour poursuivre ma précédente mission, le lieutenant Gallant, qui était parfait dans l’art de l’infiltration en tout genre, et je me mis à éplucher les profils des artificiers qui auraient été capable de fabriquer cet engin explosif. Je fis pareil avec la liste des passagers du vol Paris-New-York, avec le programme d’ordinateur que nous utilisons ceci va relativement vite, si le commun des mortels savait à quel point nous possédons d’informations de toutes sortes sur chaque individu ! Ce sont les RG qui s’occupent de ce fichier central, presque rien ne leur échappe, mais dans le cas présent rien ne sortait de l’ordinaire, la piste des passagers ne menait nul part. Quant à celle des artificiers, aucun ne semblait avoir un lien, de près ou de loin, avec une cellule terroriste. Pourtant il y avait bien quelqu’un qui avait fabriqué cette bombe dans un but bien précis, le portrait robot du contacte de l’agent de sécurité ne donnait rien de bien satisfaisant non plus malgré les logiciel de reconnaissance faciale à notre disposition, je me disais que je venais de lever un lièvre invisible ! Ce genre d’enquête qui ne mène nulle part et qui mobilise beaucoup de monde, car le risque terroriste est une des priorités, nous mettrons toujours autant de moyens possible à notre disposition pour lutter contre ça. Seulement chaque embryon de piste avortait, et quand trop de coïncidences s’enchainent pour moi ce ne sont plus des coïncidences ! Je voulais en savoir plus sur cet explosif et dès le lendemain je fis
Là je tombais sur sa femme qui m’annonça qu’il venait d’être victime d’un accident de la route, il venait d’être admis aux urgences et elle était sur le point de se rendre auprès de lui. Aussitôt, sans passer par mon service, j’ordonnais à la police de le mettre sous protection. En admettant que je ne puisse pas être sur de pouvoir compter sur les agents de la DST tant que je n’avais pas plus d’informations, je supposais pouvoir compter sur la police. Comme je savais où trouver le second artificier je trouvais préférable de me consacrer sur le premier, car à mon avis s’il n’avait pas déjà été victime d’un accident, il n’allait pas tarder à l’être. Je filais donc à son adresse, il s’agissait d’une maison individuelle plutôt bien entretenue, un jardin fleuri, une pelouse bien tondue, les volets étaient fermés, la maison semblait vide. Avant de crocheter la serrure je vérifiais d’abord s’il y avait quelqu’un en sonnant deux fois à la porte d’entrée, comme je le supposais je n’obtenu aucune réponse. Je fis donc le tour pour crocheter la serrure de la porte de derrière, c’est plus discret et en général c’est une serrure plus simple. Une fois à l’intérieur je fis quelques pas en appelant et me présentant :
Bien sûr je savais que je n’obtiendrai pas plus de réponse, mais c’est plus prudent de vérifier avant de me retrouver devant un fusil de chasse pointé sur le ventre. Mes premières constatations me faisait penser que tous le monde avaient quitté les lieux, l’électricité avait été coupée, ainsi que l’eau, tout semblait être rangé comme avant un départ en vacances. Comme d’après le commissaire Lebourgeois il aurait dû être à son travail, je supposais qu’il avait dû recevoir une prime pour ne plus être là pour répondre aux questions de l’enquête, à moins que ce soit ce qu’on voulait me faire croire. Je ne savais pas à qui j’avais à faire, mais ils se donnaient du mal pour empêcher la lumière de se faire, j’avais l’impression de jouer aux échecs avec les noir et sans la reine. En temps normal j’aurai demandé à une équipe de venir passer la maison au peigne fin, mais pour le moment je préférais rester discret et j’étais trop pris par le temps pour le faire moi-même. Par contre je pouvais compter sur le commissaire Lebourgeois qui avait toutes aisances de verifier si l’artificier avait pris un vol pour une quelconque destination, je lui passais donc un coup de fil en lui demandant de garder une grande discrétion et de n’informer que moi-même. L’étape suivant était bien sûr de me rendre aux urgences pour tenter de glaner quelques infos du second artificier, si tout au moins il était en état de parler. C’est toujours une perte de temps de refaire le boulot, le lieutenant Malivai avait toutes ces infos et sans doute plus encore, je n’étais pas certain d’arriver à découvrir ce qu’elle avait découvert dans un temps assez limité. Car cette bombe ne devait être qu’un début, je pensais que si quelqu’un mettait autant d’ardeur à brouiller les pistes c’était qu’il allait se passer quelque chose d’autre sous peu, il me fallait donc agir vite pour trouver ce que Malivai avait découvert.
A partir de mon téléphone portable je n’avais aucune difficultés pour avoir accès aux fichiers du personnel, mon code d’accès me donnait le droit à ces données, le souci c’est que si j’étais pisté par quelqu’un du service il n’aurait pas de mal à savoir que j’étais entré dans les fichiers et ce que j’étais venu y chercher. Je ne devais pas perdre de temps pour me rendre à l’appartement de Malivai, en espérant toute fois être le premier à m’y rendre. Le temps de d’arriver, il était déjà plus de seize heures, c’est juste avant d’entrer dans son immeuble que je reçu un appel du commissaire Lebourgeois, il m’informait que l’artificier et sa famille avait pris un vol pour Acapulco le matin même. Bien sûr il tentait de le faire revenir sur le territoire national mais ça risquerait d’être trop long pour m’être d’une quelconque utilité dans l’immédiat. Je me rendis donc sans plus attendre à l’appartement de Malivai, en crochetant la serrure je pensais être bel et bien le premier. Une fois à l’intérieur je fis tout d’abord un petit tour pour verifier que j’y étais bien seul. J’avais une petite pensée pour cette jeune femme, son appartement était décoré avec soin, le ménage était fait à fond, on sentait qu’elle mettait du cœur à l’entretenir. Cette jeune femme ne méritait pas la trahison dont elle avait été victime, elle avait toute la vie devant elle, cette situation me révoltait. Ça ne faisait pas un quart d’heure que j’étais là lorsque la clef tourna dans la serrure, ils n’avaient pas perdu de temps pour essayer de reprendre l’avantage sur mes investigations. Sans faire le moindre bruit je me cachais pour garder l’avantage, de là où j’étais je pouvais voir arriver un homme pas plus âgé que le lieutenant Malivai, de toute évidence lui ne m’avait pas vu et ne semblait pas se douter de ma présence. J’allais enfin avoir un contacte directe, compte tenu de son jeune âge ça ne serait pas très difficile de lui extorquer quelques infos précieuses. Il semblait savoir où trouver ce qu’il était venu chercher, il se rendit directement à un petit secrétaire et ouvrit un petit tiroir secret. Pendant qu’il était occupé je m’avançais à pas de loup mon pistolet automatique à la main.
- Oui monsieur, et je me doute de qui s’est, l’engin explosif m’a parlé, il était même bavard je dirais. Au labo j’ai pu approfondir mon analyse, ses composants étaient bien de chez nous pour la plus part, nous avons une traçabilité de certains, alors j’ai fais une recherche par lot, et des agents s’étant servi de ces composants, un seul nom est sorti en ayant pris de chaque lot, le lieutenant Gallant, j’ai dans mon disque dur les copies des bordereaux de sorti.
Il ne m’avait pas repère, je restais immobile, respirant très lentement pour ne pas révéler ma présence, de là où je me trouvais je ne pouvais pas l’observer sans risquer d’être repéré, mais je savais désormais dans quelle pièce il installait son engin explosif. Je ne pouvais pas prendre le risque d’intervenir tout de suite car pour passer le contrôle je n’avais pas pris mon arme, par contre lui devait être certainement armé, car s’il avait pu faire entrer une bombe en échappant aux contrôles il avait certainement pu passer également armé. L’effet de surprise n’étant pas toujours suffisant, si c’était lui qui avait le dessus plus rien ne l’aurait empêché de mener à bien son attenta. Soudain de nouveaux bruits de pas le forçaient à se cacher à son tour, il n’avait pas d’autre choix que moi pour se décumuler, par chance il prit un autre double rideau. Le président arriva en compagnie de deux de ses gardes du corps, je ne pouvais toujours pas intervenir sans savoir si les gardes du corps ne faisaient pas non plus parti du complot, car eux deux plus Gallant ça ferait un peu trop de monde à métriser à mains nues. Comme je n’aurai le droit qu’à un seul essai je ne devais pas le gâcher, je devais rester invisible jusqu’au départ du président pour ne pas le mettre en danger. De toute façon Gallant n’était pas un kamikaze, il n’allait pas faire exploser son engin tant qu’il serait encore dans le secteur, ça me laissait encore un peu de temps pour trouver le moment propice pour une intervention.
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