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Pourtant Gustave reste persuadé que le déplacement dans le temps n’est pas limité à une seule direction dans une vitesse constante de soixante secondes par minute, et sans rien dire à personne il se met en œuvre de prouver ce qu’il avance. Il fait des tonnes de calculs, de théories, de schémas, mais bien qu’il reste persuadé qu’il est possible de voyager dans le temps il ne trouve pas le moindre indice qui puisse étayer sa théorie. Sa chambre devient une véritable salle d’étude, lui seul peut se retrouver dans le fatras de notes et divers documents. Jour après jour il note sur un calepin un rapport de sa journée, il tient ce petit journal pour pouvoir y revenir plus tard et reprendre ses recherches dans une autre direction si le faut. Il devient tellement passionné par le temps qu’il finit par vivre hors du temps ! Il ne dort presque pas, mange très peu, ingurgite des litres de café, il ne vit plus que pour trouver la solution au problème de dilatation ou contraction du temps. Mais malgré tout le temps passe, inlassablement en raison de soixante secondes par minute, et Gustave ne fait que voyager dans le temps à allure normale sans le voir passer.
L’inconnu met une montre à gousset dans la mais de Gustave puis à son tour s’éloigne, quitte l’allée et passe entre des buissons touffus. Gustave regarde un instant la montre dans sa main, c’est une montre de grande valeur apparemment, elle a l’air à la fois récente et ancienne, pourquoi cet homme lui offrirait-il une montre ? Mais qui est-il pour débarquer comme ça et repartir aussi vite ? Gustave veut en avoir le cœur net, il le suit dans les buissons pour lui demander plus d’explications. Seulement derrière les buissons il n’y a que le mur d’enceinte du parc ! Où a-t-il bien pu passer cet hurluberlu ? le mur est bien trop haut pour qu’il ait pu le franchir, Gustave cherche un moment mais ne le trouve pas, alors il reprend son chemin. Avant de rentrer chez lui il prend le temps de se promener dans le parc, plus rien ne presse à présent, ses recherches sur le temps n’ont fait que lui faire perdre le sien, et il passait à coté de si belles choses comme ce parc verdoyant.
Gustave sort de sa poche la montre que l’inconnu lui a donnée quelques minutes plus tôt et donne l’heure à la jeune femme, puis la voyant chargée de paquets, il lui propose de lui en porter quelque uns jusqu'à la sortie du parc pour la soulager. Elle accepte avec plaisir, et ils se mettent à marcher en discutant. Ils marchent ainsi jusqu'à un fiacre, Gustave y dépose les paquets, retire son chapeau pour saluer la jeune femme, elle le remercie et monte dans le fiacre. Gustave la regarde s’élonger en se disant qu’après tout cet inconnu, bien que très bizarre, n’avait pas tout à fait tord, cette montre lui avait été très utile, en marchant la jeune femme lui a confiée qu’elle venait souvent au parc, peut-être aura-t-il la chance de la croiser de nouveau.
Plus tard, chez lui il repense à cette fin de journée, justement quand il décide de tout arrêter cet inconnu qui débarque dont on ne sait où, il lui offre une montre en lui disant qu’elle lui serait très utile, et repart tout aussi mystérieusement qu’il était arrivé. Et c’est vrai que c’est grâce à cette montre qu’il a fait la connaissance de cette ravissante jeune femme. Il n’avait pas tord cet inconnu, la montre lui a été très utile, et s’il avait raison pour le reste ? Gustave se dit qu’il ne devrait peut-être pas arrêter ses recherches tout de suite après tout, peut-être est-il passé à coté de quelque chose, alors il reprend tout a zéro, refait ses calculs, reclasse toutes ses notes, et sans comprendre pourquoi il sait que tout ce travail n’est pas en vain.
En 1853 Eugene quitte la maison familiale pour fonder à son tour une famille le 16 avril 1853 Eugene Gustave prévaux épouse Geneviève Delacroix. Malgré tout Eugene ne laisse pas son père se débrouiller seul, ils continuent tous deux leurs travaux. Eugene rentre des fois chez lui très tard le soir, voir dans la nuit, ou même au petit matin. Ces deux physiciens qui travaillent sur le temps ne le voient pas passer, Angélique en a pris l’habitude depuis déjà longtemps, mais la jeune Geneviève n’apprécie pas beaucoup que son époux soit si souvent absent de la maison. Leur couple en souffre quelque peu, alors le père et le fils font un compromis, ils vont travailler chacun de leur coté et comparer leur recherches une fois par semaine. Ce procédé a du bon, car ça leur permet d’explorer des voix différentes en même temps, ils leur semblent même progresser un peu, mais ils sont encore loin de pouvoir démontrer la maniabilité du temps.
Eugene et Geneviève n’auront pas d’autres enfants, Eugene étant toujours très pris entre son poste de professeur et ses recherches personnelles avec son père, la jeune femme a trop souvent l’impression d’élever leur enfant toute seule. Mais Gustave a donné ce virus à son fils, les deux hommes sont persuadés que le temps est malléable, et peut-être plus que son père Eugene veut trouver le moyen de le prouver. Quand, en 1867, Gustave atteint l’âge de la retraite, il a tout le temps pour se consacrer à ses recherches. Il y passe tellement de temps qu’il a même installer un lit dans son bureau pour pouvoir y prendre un peu de repos quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. En effet lorsqu’il allait se coucher, très souvent à des heures reculées de la nuit, ça réveillait Angélique qui avait du mal à retrouver le sommeil. Ainsi Gustave pouvait travailler jusqu'à en avoir des vertiges tant il tentait de résister à la fatigue, et lorsqu’il était extenué il s’affalait quelques heures sur son lit. Quelques heures seulement, car il dormait peu, et dès son réveil il se replaçait devant un de ses tableaux noir où il griffonnait des équations mathématiques. Au petit matin, sans faire de bruit Angélique venait le rejoindre avec un petit déjeuné, si elle n’était pas là pour veiller sur lui il dépérirait sans doute, car Gustave sentait qu’il touchait au but, il en était proche, et plus rien d’autre ne semblait compter pour lui. Malgré tout il ne trouvait toujours pas la solution à ce problème qui lui avait pris quasiment toute sa vie, et quand Eugene venait le rejoindre il mettait quelques fois en doute certains des calculs de son père ! Les deux hommes pouvaient passer par des moments d’euphories ou de désespoir selon leurs avancées dans leurs recherches, mais jamais ils ne songeaient à abandonner, ils savaient tous deux que le nom de Prévaux serait un jour associé à la relativité du temps. Gustave y met toute son énergie, un peu trop sans doute, car il n’est plus le jeune homme d’autres fois et son corps résiste mal à ce traitement qu’il lui inflige !
Le jeune Albert Einstein étudie de plus près cette question, mais cette théorie est délicate et prend du temps, lorsqu’Albert obtient son diplôme en 1896 et quitte la Suisse il n’y a toujours pas répondu. Ils vont rester en contacte par courrier, mais quand en 1901 Claudius invite Albert à son mariage avec Isabelle Paulet, ce dernier ne peut pas s’y rendre, il ne peut faire le déplacement. Cependant la discussion qu’ils avaient eu quelques années plus tôt a fait son chemin, et c’est en 1905 qu’Albert a une théorie sur la relativité du temps. Avant d’en faire part à la communauté scientifique c’est en tout premier lieu qu’Albert en informe son ami Claudius. Cette même année Geneviève décède à l’âge de 74 ans, Claudius est très attristé de la mort de sa grand-mère, d’autant plus que son grand-père n’est plus en très bonne santé. Avant de décéder l’année suivante Eugene transmet la montre de son père à Hyppolite en lui expliquant qu’elle lui venait de son père et la tradition sera que lui devra la transmettre à son fils Claudius. Quelques jours plus tard, le 8 avril 1906, Eugene Gustave Prévaux meurt à l’hôpital sans avoir réussit à résoudre la théorie de la relativité du temps. Cependant il a lu la théorie d’Albert Einstein avant sa mort, ses résultats n’étaient d’ailleurs pas très loin de ceux d’Einstein, mais il ne l’avait pas encore résolu. Il avait quand même été plus loin d’un certain coté, mais ne pouvait pas avancer que cette théorie était possible. Le travail de Gustave et d’Eugene n’était pas perdu pour autant, car Hyppolite et Claudius continuaient cette recherche et la théorie d’Albert Einstein les avait fait avancer beaucoup. Hyppolite se souvenant de son serment d’enfant fait à son père savait bien qu’il serait impossible de voir une machine permettant à l’homme de se déplacer dans le temps, mais si lui ne peut pas réaliser une telle machine peut-être qu’un autre le pourra dans le futur ? Pour pouvoir ralentir le temps il faut se rapprocher du point zéro, ce point zéro se trouve au delà de la vitesse de la lumière. Pour couvrir dix kilomètres à pied il faut en moyenne deux heures, moins si l’on fait la distance en courant, encore moins si on la fait à vélo, ou à cheval, en voiture, et ainsi de suite, plus on va vite est plus le temps est raccourci, et une fois le point zéro atteint ça devrait être dans l’autre sens qu’il défile, seulement les voitures de ce début de siècle ne dépassent que de très peu les cent kilomètres heure, donc si un jour le mouvement dans le temps sera possible ça sera avec une technologie que ni Hyppolite ni Claudius ne connaitront de leur vivant. Mais ça ne les empêche pas de continuer le travail qu’avait commence Gustave quelques quatre-vingt ans plus tôt.
Hyppolite va décéder quelques années plus tard, en 1922 à l’âge de 67 ans, il a eu une belle mort, si tenté que la mort puisse être belle, il est mort dans son sommeil. Juste avant l’enterrement Hortense lui remet la montre de son père, en lui expliquant que cette montre est précieuse dans la famille et qu’à son tour il devra la transmettre à son fils un jour. Claudius a également hérité du garage, mais la montre avait à ses yeux plus de valeur. Claudius se retrouve seul pendant un temps pour poursuivre le travail qui se transmet aussi dans la famille depuis plusieurs générations, pour un temps seulement, car assez vite les jumeaux s’intéressent de plus en plus aux recherches de leur père. Ils sont de plus en plus présents dans la petite salle aux tableaux noirs blanchis de craie, dans un premier temps leur père leur sert de professeur, mais ils comprennent vite, très vite même, et ne tardent pas eux aussi à avancer des hypothèses. Malgré des revenus assez modestes, Claudius et Isabelle envoient leurs enfants à l’université, ils y rentrent tous deux en 1926. Tout en suivant leurs études les jumeaux aident leur père et apportent un œil nouveau aux recherches.
Les enfants prévaux finissent leurs études, et tous deux travaillent dans l’enseignement, et bien sûr tous deux perpétuent l’œuvre familiale et continuant les recherches sur l’espace temps. Ces fameuses recherches divergent un peu, car la solution n’a plus vraiment de secret pour eux, c’est la réalisation qui pose des problèmes. Ils sont tous les trois d’accord, ça sera à partir de l’espace que ça pourra se réaliser. Quand ? Comment ? Ils ne le savent pas encore, les avions peuvent voler depuis quelques temps déjà seulement ils seront bien incapable d’atteindre la vitesse requise pour leur expériences. De plus dans l’atmosphère terrestre le frottement de l’air rendrait l’accélération trop dangereuse, par contre dans le vide sidéral ça deviendrait plausible, encore bien loin d’être possible, mais plausible. C’est surtout dans cette voie qu’ils travaillent, la réalisation d’un engin capable de se propulser à des vitesses encore jamais atteintes. Mais ils sont sans doute trop en avance sur leur temps, personne ne prend au sérieux leurs hypothèses.
En 1931 Odette se marie avec un collègue de travail, Constantin Levasseur, lui aussi professeur de physique-chimie, au début Constantin est plutôt intrigué par les recherches familiale, puis petit à petit il se prend au jeu, et rejoint l’équipe de chercheurs prévaux. Ensuite c’est en 1933 que Xavier épouse Amélie Langlois, elle aussi professeur mais de mathématiques. La jeune femme est un peu rêveuse, pour elle le mot impossible n’existe pas, ce n’est pas parce qu’on ne peut pas le faire que ça ne se fera pas un jour. Elle rejoint elle aussi cette équipe et fait avancer beaucoup les recherches par des calculs qui des fois dépassent l’entendement. Ils y croient de plus en plus, ils leur semblent quelques fois qu’ils touchent presque au but, sur le papier tout au moins, car la réalisation serait si couteuse qu’une vie entière d’économies ne suffirait pas pour construire un premier prototype. Mais qui sait ? Après tout quand Gustave Prévaux avait commencé il n’aurait sans doute jamais imaginé que cette hypothèse irait aussi loin. Odette et Constantin n’ont jamais eu d’enfant, mais au printemps de 1937 Amélie met au monde un petit Jean-Baptiste, puis en 1939 un second garçon, Charles. La guerre qui éclate à ce moment là met un peu en péril leur travaux, premièrement il ne faut pas que les nazis tombent sur leur découvertes, et deuxièmement les hommes sont envoyés au front. Constantin n’en reviendra pas !
Il est fait prisonnier et abattu en tentant de s’évader, Xavier est lui aussi fait prisonnier, il s’évade mais il est repris avant même d’avoir réussit à atteindre la frontière, puis il s’évade de nouveau et réussit à gagner la Suisse. Plus tard il rejoint l’Angleterre et rentrera en France le 6 juin 1944 avec les forces de la France libre. Trop vieux, Claudius n’avait pas été appelé au combat, cependant il avait rejoint la résistance et avait contribué à sa façon à la libération. A la fin de la guerre la famille prévaux se retrouve de nouveau réunie, beaucoup de leurs notes avaient été brulé pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi, et c’est donc de mémoire qui reprennent le travail. Isabelle les quitte en 1947 emportée par une mauvaise grippe. Se sentant vieux et fatigué, Claudius, suivant la tradition familiale, remet sa montre à Xavier :
Cette vie d’après guerre voit un développement rapide, un modernisme qui change les habitudes, la famille Prévaux dont la science, qui se transmet de génération en génération, suit l’évolution de très près, anticipe souvent même. Le garage d’Hyppolite, qui est en gérance, rapporte un revenu confortable à la famille, et la maison de Claudius a elle été transformée en un véritable institue de recherche. Il n’est pas rare que des élèves des Prévaux ne viennent y travailler bénévolement, en cette moitie de vingtième siècle ce n’est plus utopique de parler de voyage spatiaux-temporel, toutes suggestions d’avenir sont prises aux sérieux.
« Donc le spins doit être nulle, c'est-à-dire qu'il y a intrication de l'état du système de ces deux particules, la connaissance de l'état de la première après une mesure effectuée sur celle-ci nous informe de l'état dans lequel se trouve la seconde particule avant une mesure effectuée sur celle-là plus tard, alors que, selon l'interprétation de Copenhague, la valeur mesurée est déterminée aléatoirement au moment de la mesure. Si la mesure sur la première particule a donné, plus, et que la première particule se trouve donc dorénavant dans l'état, plus, la mesure sur la seconde donnera toujours plus. Un des problèmes est que cette dernière particule peut, à l'instant de la mesure, se trouver à une distance aussi grande qu'on le veut dans l'univers observable de la première. La ligne d'univers qui relie les deux événements, mesure sur la particule une et, mesure sur la particule deux, de l'espace-temps peut même être une courbe de genre espace, et la seconde particule ne peut donc absolument pas, dans ce dernier cas, être informée, de quelque façon que ce soit de l'état dans lequel se trouvait la première après la mesure. Comment croire, dans ces conditions, que l'état dans lequel on trouve la seconde particule après la mesure n'était pas déterminée dès le départ, en contradiction avec la représentation de Copenhague ? »
Dans les années 70 Jean-Baptiste a fait quelques apparition à la télé dans des émissions scientifiques, seulement la théorie du voyage spatiaux-temporel n’est plus au goût du jour, hormis pour les producteurs de cinéma qui l’on contactés à plusieurs reprise. Jean-Baptiste ne voulait pas rentrer dans ce jeu là, le cinéma c’est bien mais ça n’a rien à voir avec son travail ! Pourtant Céline lui suggère d’accepter de travailler avec eux comme expert, les sociétés cinématographiques sont riches, et l’institue Prévaux a besoin de beaucoup d’argent pour continuer ses recherches, c’est donc à contre cœur que Jean-Baptiste conseille les scénaristes. Malgré tout les metteurs en sciène n’en faisant qu’à leurs têtes, les films où Jean-Baptiste a travaillé n’ont tenus aucun compte de la logique même de la Physique, et c’est ainsi que l’on peut voir à l’écran un vaisseau spatial se poser sur une planète encerclée d’un anneau, qui en réalité ne peut être que gazeuse, que l’on peut entendre des bruits d’explosions dans l’espace alors que le son ne peut se propager dans le vide, et tant d’autres absurdités qui faisaient bondir Jean-Baptiste.
« Jean-Baptiste, il y a une tradition dans notre famille, depuis plus de cent-cinquante ans nous menons cette quête qui permettra peut-être un jour à l’homme de voyager dans le temps, comme presque tous les hommes de la famille nous l’avons dirigés chacun notre tour, mais il y a une autre tradition, chaque père a remis cette montre à son fils éné avant de mourir. Cette montre nous vient de Gustave Prévaux, il parait que c’est grâce à cette montre qu’il a connu Angélique, sa femme, cette montre serait donc à l’origine de notre famille, je ne vais pas attendre d’être sur mon lit de mort pour te la remettre, aujourd’hui c’est toi qui devient le patron de notre institue, c’est à toi qu’incombe le devoir et la responsabilité de mener à bien notre quête et de veiller à ce que cette montre continue son voyage dans le temps à travers notre famille. »
L’année 1981 est marquée par le deuil, Amélie décède d’un cancer à l’âge de 70 ans, suivi de Xavier seulement trois mois plus tard à l’âge de 73 ans. Le décès de ses grands-parents ont fortement affecté le jeune homme, il se met à déprimer, ne termine pas son apprentissage, et finit par s’engager dans l’armée un an plus tard. Il y passera trois ans, et revenu à la vie civile avec un peu plus de maturité, il commence à s’intéresser un peu au travail de ses parents, mais ne comprend rien de rien à la physique quantique. Cependant il travaille à l’institue pour les travaux de maintenances, c’est là qu’il fait la connaissance de Marie-Laure, une jeune étudiante qui passe beaucoup de temps à l’institue. Le deux jeunes gens se fréquentent, bien que Nicolas ne comprenne pas toujours Marie-Laure quand elle lui parle de sa passion pour la physique ils trouvent toujours un terrain d’entente. Ils ne veulent pas se marier mais vive ensembles, et en 1987 de leur union né un garçon qu’ils nomment Antoine, bien qu’ils ne soient pas mariés le bébé est déclaré sous le nom de son père. Tout ce que Nicolas n’avait pas appris quand il avait l’occasion de faire des études, c’est Marie-Laure qui le lui apprend, Nicolas devient son assistant en tout points, car non seulement il assiste sa compagne à l’institue mais aussi c’est lui qui s’occupe du petit Antoine ainsi que des taches ménagères.
C’est Nicolas qui en 1991 trouve, bien involontairement une solution plausible. Lors d’un barbecue qu’il avait organisé un dimanche en famille, son jeune fils Antoine rentre une bille dans le tuyau d’arrosage, gros caprice du jeune garçon pour récupérer la bille, autour de la table se trouve une concentration de QI élevés, mais aucun d’eux ne parviennent à récupérer cette fameuse bille. Moins intellectuel mais plus pratique, Nicols branche le tuyau sur le robinet, ouvre l’eau, et naturellement la bille sort de l’autre coté, un peu trop vite d’ailleurs, car elle est propulsée au beau milieu de la pelouse ! Petit jeu de société mathématique en famille pour retrouver la bille, compte tenu de la pression de l’eau au centimètre carré, du diamètre intérieur du tuyau, de la taille, la masse et le poids approximatif de la bille, et en tenant compte de la longueur du tuyau et éventuellement de la force du vent, tous ces physiciens réunies déterminent l’endroit approximatif où la bille a pu atterrir, et… Et bien elle était bien là !
En effet pour lancer une fusée dans l’espace il faut des fonds dont ils ne disposent pas, et puis des autorisations qu’ils n’obtiendront pas, de plus ça devrait être un chantier considérable à réaliser dans des conditions extrême, et finalement, même s’ils pouvaient entreprendre et réussir cette expérience, ce ne serait qu’une marche d’un très long escalier qu’ils auraient gravis, car s’il est prouvé que pour la molécule qui se déplacerait à la vitesse de la lumière le temps ne serait plus le même que pour une autre molécule identique resté sur terre, pour inverser le temps il faut aller bien au delà de cette vitesse. Donc, comme beaucoup de physiciens avant eux, ils ne se contentent que de le prouver sur le papier, et un jour peut-être, un autre pourra rendre tout ceci possible. Une chose est certaine, Gustave Prévaux était un visionnaire, déjà à son époque il savait que le temps pouvait être considéré comme autrement qu’une constante.
« Le temps est venu pour toi et ta charmante compagne de prendre en charge la succession de la famille, ne vous faite pas de soucis je continuerai à venir vous casser les pieds à l’institue, mais dès à présent ça sera vous deux qui allez en assurer le bon fonctionnement de l’institue Prévaux. J’espère que vous saurez le gérer avec douceur et fermeté pour un jour passer la main à notre jeune Antoine. Nicolas, tu connais l’histoire de notre montre de famille, elle est la mémoire de Gustave et Angélique prévaux, c’est toi désormais qui en es officiellement le propriétaire jusqu’au jour où a ton tour tu la légueras à ton fils Antoine. Nicolas et Marie-Laure, je vous souhaite de réussir, non pas le rêve de notre ancêtre, il est sans doute encore trop tôt, mais réussir à faire avancer la recherche et vous rapprocher du but final, tous nos vœux, à Céline et à moi, vous accompagnent. »
Le 24 septembre 2011 une nouvelle vient bouleverser le monde scientifique, la vitesse supraluminique a été atteinte, des physiciens ont mesuré en Suisse et en Italie des particules élémentaires voyageant plus vite que la lumière, en contradiction avec les bases de la physique moderne et les théories d'Albert Einstein. A partir de là la famille prévaux se sent prête à tout, si la vitesse supraluminique a été atteinte c’est que tout est possible, et ils redoublent d’efforts. Deux ans plus tard l’équipe Prévaux compte un nouveau membre officiel, le jeune Antoine vient de finir ses études avec mansion, il rejoint officiellement l’équipe de recherche, équipe dont il faisait déjà partie tout au long de ses études. C’est d’ailleurs Antoine qui découvre en 2015 le tube laser, il s’agit d’un rayon laser vide à l’intérieur, dès l’ors plus besoin de se servir de la fibre optique qui est devenue archaïque, la molécule est directement introduite dans le rayon sans être détruite par celui-ci. Les résultats sont fulgurants ! A chaque essai la molécule se déplace à la vitesse du laser qui la transporte, l’expérience ne peut que se réaliser sous vide, mais c’est déjà une révolution dans le monde scientifique. Antoine reçoit le prix Nobel en 2018 pour sa découverte, il fait la fierté de ses parents ainsi que de ses grands parents qui avaient passés des années à rechercher la méthode pour atteindre ce cap. Le 27 Décembre de l’année suivante Jean-Baptiste décède de vieillesse à l’âge de 82 ans sans avoir connu la jeune Sandra Senechal qu’Antoine épousera le 20 février 2021. Sandra est informaticienne, tout naturellement elle rejoint l’institue mais ne participe pas directement aux recherches, elle élabore des programmes spécifiques qui font gagner un temps considérable à l’équipe des chercheurs. En 2025, à l’âge de 87 ans Céline, qui était atteinte de la maladie d'Alzheimer, décède pendant son sommeil à l’hôpital. Mais cette même année Sandra met au monde Dominique. La jeune femme, préférant se consacrer entièrement à leur enfant, quitte son poste à l’institue.
Bien que Dominique ait pris la direction de l’institue, Antoine y a toujours sa place, mais comme Gustave Prévaux autres fois, Dominique est un visionnaire. Il a une théorie, changer le futur pour changer le passé pendant qu’il est présent. C'est-à-dire qu’il sait ce qu’il voudrait faire aujourd’hui, mais la technologie n’existe pas encore, cependant elle existera certainement dans le futur, comme il sait aujourd’hui, en 2046, ce qu’il veut réaliser, il lui suffira dans un futur X d’envoyer les directive dans le passé en 2046. Pour faire voyager une information dans le futur il se sert tout simplement de la vitrine de la montre des Prévaux, il y dépose une lettre adressée à lui-même ou l’un de ses descendant à n’ouvrir que lorsque le voyage vers le passé sera possible, dans cette lettre il explique tout ça en détails, en précisant de laisser la lettre bien en vue dans la vitrine jusqu’au moment où les informations pourront être envoyés dans le passé.
Et c’est ce qu’il se produit quasi-instantanément ! Une tablette de seize paitras-bites lui arrive de 2080, il y a dedans une montagne d’informations, pas vraiment des informations sur l’avenir, mais comment moderniser le seul prototype au monde capable de voyager dans le temps et dans les deux sens. Ce prototype ils l’ont déjà, c’est l’accélérateur de particules à impulsions laser, cependant comparé à celui de 2080 ça serait comme comparer les premier avions du début du vingtième siècle à une navette-spatiale ! Avec la technologie à sa disposition et la connaissance venue de 2080 il ne leur faudra qu’une seule année pour réaliser le prototype, il s’agit d’un sas dans le temps, une simple cabine capable de propulser dans le passé ce qu’on y place à l’intérieur, l’objet ou l’organisme pourra rester dans le passé le temps que la cabine est en fonctionnement actif, ce sont les particules qui gravitent autour qui maintiennent le sujet à l’époque désirée. Une interruption de la gravitation des particules le ramène instantanément à son époque initiale à l’intérieur de la cabine où qu’elle se trouve. L’interruption peut être faite de deux façons, à partir du tableau de commende ou par le boitier de commende que le sujet peut avoir avec lui. La demande en énergie de ce prototype est énorme, mais comme l’énergie s’autogenèse au-delà de la vitesse de la lumière, l’énergie réelle produit reste infime.
Antoine est assez septique, mais il se rend à l’évidence que Dominique dit peut-être vrai. Tous les essais qu’ils ont réalisés démontrent que le sujet se déplace dans le temps mais pas dans l’espace, il se retrouve systématiquement dans le passé à l’endroit même où il était dans le futur. Tout est mis en œuvre pour déposer la cabine à l’endroit où Dominique doit se rendre, pour ne pas attirer l’attention c’est de nuit que la cabine est déposée, de toute façon elle n’aura pas a y rester longtemps, Dominique ne va faire qu’un allé retour. Avant de partir Dominique regarde la montre dans sa vitrine, il a un moment d’hésitation, puis se dit qu’il lui doit bien ça à cette montre, revoir son époque d’origine, alors il prend la clef qu’il porte autour du cou, ouvre la vitrine, et prend la montre qu’il met dans sa poche.
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