Mon ex-femme et moi,  Je me nome Jean-Paul Sénéchal, comme tout le monde je croyais à l'amour et pour moi l'amour ne pouvais être que beau. En attendant de rencontrer l'amour, le vrai, je m'étais concocté une vie bien tranquille partagée entre mon travail d’informaticien et ma passion de la moto. Lorsque j'ai connu Corinne Lunel, mon ex-femme, j'étais alors heureux de ma vie de célibataire et jamais je n'aurais imaginé en changer. Mais ça c'était avant de la rencontrer, car son sourire, ses regards expressifs, la douceur de sa voix m'ont vite fait oubliés mon célibat. Nous nous sommes fréquentés en amis, partageant nos passions, attentif aux désirs de l'autre, nous passions de longues heures à discuter, puis un soir où nous étions restés discuter très tard je lui ai proposé de rester dormir chez moi, je me souviens avoir rajouté : _«En tout bien tout honneur bien sûr. » Et pour lui prouver ma bonne fois j'ai précisé que je dormirai sur le canapé. Mais ça à eu l'air de la gêner, de sa douce voix elle m'a répondue : _«Si je dors ici il n'est pas question que je te prive de ton lit, nous allons le partager. » C'est ce que nous avons fait, nous avons partagés le lit, chacun de notre côté, nous avons continués à discuter un peu dans le noir, puis nous nous sommes endormis. Le matin quand nous nous sommes réveillés nous étions blottis l'un contre l'autre, le premier regard matinal était plus que complice, si complice qu'un baisé furtif a effleuré nos lèvres, elle m'a sourit et ce fut un second baisé bien plus fougueux ! Puis je me ressaisi, car je lui avais promis « en tout bien tout honneur ! » Mais elle m'a dit : _«En tout bien tout honneur c'était cette nuit, aujourd'hui est un autre jour. » Et nous avons fait l'amour, je ne me souvenais pas avoir vécu un rapport sexuel aussi intense ! Quasi-instantanément notre relation a changé, presque tout de suite des petites habitudes se sont installées, et la semaine suivante elle venait s’installer chez moi. Durant trois mois nous avons vécus sur un petit nuage, puis notre amour était si fort que nous avons décidés de nous marier. Parmi nos amis beaucoup ont essayés de nous en dissuader, ils nous disaient que le mariage est un tue l'amour, et qu'en plus c'est la cause principale de divorce, mais ils n'ont pas réussit à nous convaincre, nous avons dit "oui" devant monsieur le maire et dès le lendemain matin nous partions passer deux semaines à moto en Italie. Nous vivions un rêve, notre rêve, ce voyage n’était fait que de bonheur, je ne perdais pas une occasion de la photographier. Elle était si jolie, toujours souriante, ce sourire si doux qui me faisait fondre me prouvait que le véritable amour existait bel et bien ! A cette époque je me souviens m’être fait le serment que jamais cet amour ne devrait perdre sa beauté, qu’à chaque instant de notre vie nous allions le nourrir pour le faire croitre, nous ne serons pas comme ces couples qui passent leur temps à s’opposer, non, nous allons prouver que le véritable amour existe et que nous l’avions trouvés. Les premiers mois ont été une idylle, puis au bout de trois mois nous avons eu notre première dispute, comme beaucoup de disputes c'était pour une cause banale, un plat à gratin oublié dans le four. Le problème dans une dispute c'est chacun veux avoir raison, le ton monte, et on se dit des choses sur le moment que l'on regrette après. Cette première dispute m’avais fait très mal, c’était la première fois que je voyais Corinne en colère ! Ses yeux si doux, ses regards si tendres, devenaient presque cruels ! Jamais je ne l’avais vus ainsi, je découvrais une autre personnalité de celle qui jusqu'à présent avait fait battre mon cœur. Je pense que de son coté elle avait sans doute découvert une face cachée de ma personne qui a dû également la décevoir fortement. Elle avait fini par partir dans la chambre en claquant la porte derrière elle, ce qui voulait dire qu’elle mettait une frontière entre elle et moi, frontière que je ne devais pas franchir si je ne voulais pas poursuivre notre dispute ! Cette nuit-là j'ai dormi sur le canapé. Le lendemain nous nous sommes sentis bête de nous être disputés, on s'est promis de ne plus recommencer, de discuter si quelque chose n'allait pas mais de ne plus hausser le ton. C'est se que nous avons fait pendant un temps, mais pendant un temps seulement, car très souvent des divergences nous opposaient et chacun de nous voulait avoir raison. Avec du recul je me rends bien compte que c’était des raisons futiles, sans bien grandes importances, seulement sur le moment c’était un effet crescendo que nous ne parvenions plus à métriser. Au bout de six mois de mariage il ne se passait pas une journée sans que nous trouvions une raison de se disputer, et un soir en rentrant du travail elle n'était pas à la maison. Il y avait un mot sur la table de la cuisine disant : « Je n'en peux plus, j'ai besoin de prendre l'air, je vais passer quelques jours chez mes parents. » Dans un premier temps j'ai voulu lui téléphoner pour avoir plus d'explications, mais j'entendis son téléphone qui sonnait dans la chambre. C'était tout Corinne ça, partir en voyage en oubliant son portable, à moins qu'elle n'ait pas voulu le prendre pour justement pas que je l'appel ? Je ne peux pas dire si j'étais malheureux ou heureux de me retrouver seul, en tout cas je retrouvais le calme et la quiétude d'autrefois, je ne craignais plus une dispute soudaine pour un rien et je me disais qu'une séparation de quelques jours ne nous ferait pas de mal. Mais au bout de deux semaines je reconnais que je commençais à me faire du souci, comme je n'avais toujours pas de nouvelle je décidais d'appeler ses parents. C'est son père qui m'a répondu, visiblement il était assez embarrassé : _«Que veux-tu que je te dise mon gars, elle a passé quelques jours à la maison, puis elle est parti en voyage, je crois qu'elle a besoin de prendre un peu de recul. Ne te fais pas de souci, elle va bien, elle nous appelle de temps en temps, je lui dirai de te donner des nouvelles. Laisses-lui un peu de temps elle va revenir. » Du temps je lui en ai laissé, mais je ne recevais aucune nouvelle. J'ai rappelé ses parents de temps en temps, puis je me suis décidé à aller voir Roger, un ami avocat. Nous avons montés un dossier de divorce, puis j'ai laissé faire les choses. C'est cinq mois après son départ qu'elle m'a appelé, elle n'était pas opposé au divorce, elle voulait juste venir récupérer quelques affaires. Lorsque je l’ai vu passer la porte c’était comme un rayon de soleil qui entrait dans la maison, curieusement je ne me souvenais plus de nos disputes mais que des bons moments que nous avions partagés. Elle avait toujours cette douceur dans la voix et dans ses gestes, nous avons un peu discutés et chaque fois que je la voyais sourire je me demandais comment nous avions pu en arriver là ? Elle m’a demandé de passer quelques jours à la maison le temps de se trouver un pied à terre, j’ai bien sûr accepté mais j'étais retourné dormir sur le canapé pour ne pas pourrir un peu plus la situation. Nous passions nos soirées à discuter de se que nous allions faire, de ce que nous aurions pu faire, de ce que nous aurions dû faire, puis de sa voix toujours aussi douce elle m'a dit tristement: _«C'est quand même dommage d'en arriver là, on s'entendait si bien au début. » _«Au début oui, mais après on avait du mal à nous supporter. » _«C'est vrai, si on avait su faire quelques efforts on aurait peut-être pu réussir à nous entendre ? » _«Qui sait ? » _«Et si on se donnait une seconde chance ? » Et nous nous sommes donné une seconde chance, nous réussissions à surmonter les petits problèmes sans nous disputer, mais mon travail d'informaticien était assez prenant, et je rentrais des fois tard le soir. Je voyais bien que ça ne lui plaisait pas mais je ne pouvais refuser à mon patron les horaires quelques fois trop tardifs. Je n'aurais jamais dû lui dire que je faisais équipe avec Agnès, une jeune femme de notre tranche d'âge, Corinne a commencé à être un peu jalouse. Puis plus le temps passait et plus elle était persuadé qu'il y avait quelque chose entre Agnès et moi. Et de nouveau des disputes venaient ternir notre mariage, et de nouveau Corinne décidait de prendre du recul. Ça n'a duré que trois mois cette fois-ci, puis un soir elle a frappé à la porte : _«Je peux entrer un moment ? » Me demanda-t-elle. _«Bien sûr, c'est chez toi aussi. » Nous avons longuement parlés, elle n'était pas persuadé qu'il n'y ait rien eu entre Agnès et moi, mais elle m'a dit tendrement: _«Le passé c'est le passé, il faut savoir l'oublier, et regarder vers l'avenir. Tu sais, mon avenir j'aimerais qu'il soit à tes côtés. » Cette fois-ci ça a duré presque deux ans avant que de nouveau des problèmes ne viennent ternir notre union. Et un jour elle m'a dit solennellement : _«J'ai bien réfléchi, ça ne peut plus durer comme ça, on n'arrête pas de se disputer pour un rien, on devrait faire un break et faire le point après. » Elle a profité d'une opportunité de stage photos au Etats-Unis pour pouvoir nous séparer sans vraiment être séparés. C'est plus de six mois plus tard que nous nous sommes revus au mariage d'un couple d'amis commun. En me voyant elle m'a sourit et m'a dit de sa voix toujours aussi douce : _«Ho mon mari. » Elle m'a avoué qu'elle était rentrée en France depuis déjà deux mois mais qu'elle n'avait pas osé revenir à la maison de peur d'y trouver une autre femme. _«Et bien non tu vois, personne n'est venu prendre la place qui te reviens. » Lui ai-je répondu avec une petite lueur d’espoir dans la voix. Je lui tendais une perche en disant cela et elle l'a saisit, nous avons repris la vie commune, avec des hauts et des bas, ça a tout de même duré trois ans. Là je n'avais rien vu venir, un soir elle m'a annoncé qu'elle avait rencontré quelqu'un, elle m'a précisé qu'il ne s'était encore rien passé mais que notre mariage manquait d'imprévu et que son collègue de travail lui apporterait ce qu'elle ne trouve plus dans notre union. Ça a été pour moi comme un coup de fusil en plein cœur ! Mais je ne pouvais, ni ne voulais, lutter. Je reconnais que l'habitude avait bien pris le pas sur l'amour, et il valait mieux se quitter bons amis que de tenter de la retenir malgré elle. Roger nous a préparé les papiers pour un divorce à l'amiable, et elle a pris ses affaires petit à petit. Au dernier de ses voyages elle a posé le dernier carton sur la table et a regardé autour d’elle. _«Tu as oublié quelque chose ? » Lui demandais-je. _«Non, je regarde une dernière fois la maison, ça me fait quand même un petit quelque chose de partir. » _«Tu pourrais rester ? » _«Non Jean-Paul, nous nous sommes aimés mais il n’y a plus grand-chose entre nous à part du respect et de l’amitié. » Puis on s’est fait la bise sur les joues, comme deux amis, et je l’ai regardé s’éloigner vers l’escalier, j’avais cette envie folle de courir vers elle et de tenter de la retenir, mais je n’en ai rien fait, je l’ai simplement regardé sortit de ma vie. Je m'étais fait à l'idée de retrouver ma vie de célibataire, j’avais même intégré un club de bikers pour vivre ma passion de la moto. Tout se passait bien pour moi, je crois qu’après tout le célibat me réussissait bien, jusqu'à un soir où elle m'a appelé au secours, son copain l'avait mis à la porte. Nous nous sommes retrouvés dans un bar, elle tentait bien au début de retenir ses larmes, puis elle a éclaté en sanglots. _«Il m'a mis dehors avec juste se que j'avais sur moi, il m'a promis de me filer une trempe si je retournais à l'appartement, je ne savais pas vers qui me tourner. » _«Tu as eu raison de m'appeler, je vais t'accompagner pour récupérer tes affaires et tu peux venir à la maison le temps de te retourner. » _«Non, tu es gentil mais je ne veux pas t'imposer ma présence après t'avoir plaqué comme je l'ai fait, j'avais juste besoin de parler avec quelqu'un qui me comprenne, je vais aller chez mes parents. » _«Il n’en est pas question Corinne, je ne veux pas te laisser comme ça, nous sommes potes tu te souviens ? » J'ai insisté pour l'accompagner chercher ses affaire, et elle a finit par accepter. Nous y sommes allés sur ma moto mais elle est repartie en taxi avec tous ses bagages. Lui n'a pas cherché à s'y opposer, je n'ai jamais su si c'était parce qu'il était content de la voir partir ou que ma présence en tenue de cuir l'avait impressionné, mais elle a pu tout récupérer sans problème. Pendant un temps elle est resté à la maison en copine, je lui avais laissé la chambre et je dormais sur le canapé, se qui m'arrivait fréquemment de toute façon même lorsque je vivais seul, la vie d’un célibataire est des fois peu conventionnelle, j’aimais dormir sur ce canapé. Et puis un soir où nous regardions la télé elle s'est blottie contre moi et m'a dit doucement : _«Mon mari, c'est mon meilleurs pote. » Brusquement je prenais conscience que nous n'avions pas encore divorcés ! Après tout rien ne pressait, nous étions très bien comme ça, un peu cocasse comme situation, mari et femme vivant amicalement sous le même toit. Ce soir là nous nous sentions si bien tout les deux que nous avons fait l'amour, nous avons fait l'amour comme au début de notre relation, tout nous semblait si beau à ce moment là. Alors nous avons décidés de laisser le temps faire les choses, comme nous savions que fatalement un jour ou l'autre nous allions finir par nous séparer de nouveau, c'était presque si logique, que nous décidions de vivre au jour le jour sans penser au lendemain. Je ne sais pas si ça vient du fait que notre relation était provisoire qui l'a faite durer, mais nous avons vécu ainsi cinq ans. Au début elle m'accompagnait volontiers sur les concentres de motos, elle y faisait beaucoup de photos, nous partagions beaucoup de choses, mais avec le temps elle y venait beaucoup moins, et puis plus du tout. Des fois ça ne lui plaisait même pas de me voir partir tout un week-end, ou même de prendre toujours la moto et jamais la voiture. Mais ma passion pour la moto ne faiblissait pas et elle avait fini par s’en faire une raison. Pour son travail c'était mieux de déménager, je reconnais que ça m'ennuyait un peu de quitter mon petit appartement, mais comme notre relation était devenue un peu tendue je pensais que ça pourrait nous donner un nouveau départ. Très pris par mon travail, je la laissais tout organiser, ça avait l’air de lui faire plaisir d’organiser notre nouveau départ, elle avait d'ailleurs pris des congés pour pouvoir s'occuper de tout. Nous commencions à prendre nos marques dans le nouvel appartement mais la plus grande partie de mes affaires étaient restées à mon ancien appartement, je n'avais pas encore pris le temps de tout emporter ni de prévenir mon propriétaire d'ailleurs. Je pensais m'occuper de tout ça après la concentre annuelle régionale, mais Corinne ne voulait pas m'y accompagner, pire encore elle ne voulait pas que j'y aille ! Ça a d'ailleurs été une grande divergence qui s'est terminée en dispute comme d’habitude, mais j'ai tenu bon et c'est tout seul que je suis parti retrouver mes amis motards. À mon retour j'ai eu la surprise de ne pas réussir à ouvrir la porte, ma clef ne semblait pas fonctionner. J'ai sonné à la porte mais elle avait dû sortir car je n'ai eu aucune réponse. Je suis donc allé chez le gardien et là j'ai eu une seconde surprise, le gardien m'a informé que l'appartement n'était qu'à son nom à elle et ne pouvais pas m'ouvrir la porte. Son portable était sur messagerie, je ne pouvais pas la joindre directement et après un week-end de fiesta j'avais besoin d'une bonne douche et une nuit de sommeil, alors je suis retourné à mon ancien appartement. C'est le lendemain qu'elle m'a téléphoné, elle m'a fait toute une scène à cause de la concentre, elle m'a même reproché d'en avoir profité pour la tromper, bref à l'issu de coup de téléphone nous décidions de reprendre notre procédure de divorce. Roger s'est bien sûr occupé de mon dossier, mais quelques temps plus tard il m'a informé qu'elle faisait valoir un abandon de domicile ! Corinne avait changé la serrure de l’appartement, jeté mes affaires, et fait venir un huissier pour constater que je n’y vivais plus ! Ça n'a pas été retenu devant le juge, car aux yeux de la loi j'habitais toujours le domicile conjugal et l'huissier qui avait constaté que je ne vivais pas dans le nouvel appartement et elle avait, bien involontairement, apporté la preuve que c'était elle qui avait quitté le domicile conjugal. À la suite de notre divorce nous sommes restés en froid, nous ne nous voyions plus, et n'avions d'ailleurs aucune raison de nous rencontrer. C'est un an plus tard que nous nous sommes revus bien fortuitement sur une paroi rocheuse où j'étais allé faire de la varappe avec Ludivine, une amie avec qui j'espérais entretenir une relation un peu plus intime. C'est Corinne qui m'a vu la première, elle s'est alors exclamée de sa voix toujours aussi douce : _«Mais c'est mon mari ! » Je me retournais et la voyait me sourie comme si le temps avait effacé nos rancunes. _«Ex-mari. » Précisais-je, je ne tenais pas à faire fuir Ludivine. _«C'est exacte, ex-mari depuis une bonne année déjà. » Rajouta-t-elle. Nous avons passé l'après-midi à escalader entre amis, Corinne était contente de me revoir mais restait tout de même assez distante, elle avait compris que Ludivine pouvait être plus qu'une amie pour moi et ne tenait pas à faire les troubles fait. Je reconnaissais bien là son tact, quand elle ne me faisait pas de scène Corinne pouvait être une fille formidable. Par la suite je me suis mis en ménage avec Ludivine, mais ça n'a duré que quelques mois, Ludivine était géniale mais nous n'avions pas tant de choses en commun que ça. Nous nous sommes séparés en bon termes et sommes restés amis. Je n'avais plus revu Corinne depuis cette fameuse journée de varappe, quand un jour elle a frappé à ma porte. Elle voulait juste prendre quelques nouvelles, elle a été déçu d'apprendre que je m'étais sépare d'avec Ludivine. Elle m'a raconté un peu sa vie, m'a appris qu'elle vivait en couple avec un homme charmant, elle me l'a d'ailleurs présenté un peu plus tard. Nous nous voyions de temps en temps, puis un jour elle m'a annoncé qu'elle ne le supportait plus et qu'ils allaient se séparer. J'étais déçu à mon tour, car ils faisaient un charment couple. Elle passait de temps en temps me voir, il nous arrivait de sortir ensemble au restaurant, ou de passer une soirée chez elle ou chez moi. Un jour elle m'a dit que notre divorce avait peut-être été une bêtise, car nous passions de bons moments ensemble, moi je lui ai répondu que tant que c'était amical que nous nous entendions bien, mais en couple nous n'arrivions pas à nous entendre, elle ne m'a pas contredit mais je ressentais qu’elle aurait espérée une autre réponse. J’aurais pu profiter de cette occasion pour tenter une nouvelle fois de ranimer la petite flamme de l’amour, seulement ça se terminait toujours de la même façon, pendant un temps on s’aimait, puis on se supportait et on finissait par se déchirer. Cette fois-ci il n’était plus question que notre relation aille plus loin que l’amitié, ce soir-là j’ai vu de la tristesse cachée dans son regard, elle n’a pas voulu le montrer mais je crois bien qu’elle regrettait que notre amour n’ait pas survécu. Avec le temps nous ne nous voyions plus aussi souvent, à l'époque je passais presque tout mes weekends avec le club de motard. J'ai eu pas mal de conquêtes féminines, mais ça ne durait jamais très longtemps, et je me rendais compte que chaque fois c'était le célibat qui me convenait le mieux. Ce bon vieux célibat et la liberté qu’il procure, pas de dispute, pas de contrariété, faire ce que j’avais envie quand j’avais envie sans personne pour m’en empêcher. Je ne sais plus qui a dit que les femmes étaient faites pour être mariées et les hommes pour être célibataire, de là venaient tout les problèmes de couple. Mon travail me prenait beaucoup de temps, j'avais été chargé de concevoir un jeu vidéo et lors de la présentation du jeu Corinne avais été envoyé par un journal pour lequel elle travaillait pour faire quelques photos. Les années avaient passées mais elle était toujours aussi charmante, en me voyant elle m'a sourit en me disant : _«Ça me fait toujours plaisir de revoir mon mari. » _«Ex-mari, mais moi aussi ça me fait plaisir de revoir mon ex-femme. » Ça devenait presque un jeu entre nous, Corinne avait toujours été un peu taquine, et elle savait qu'en m'appelant son mari j'allais préciser ex-mari, ou peut-être aurait-elle voulu que je ne sois pas devenu son ex-mari, je me suis toujours posé la question. Ça m’avait fait plaisir de la revoir, même si l’amour était mort l’amitié avait survécu entre nous, et puis nous nous étions aimés avant de nous déchirer, il y avait encore le souvenir de ces petits moments complices où nous étions heureux. Après la réception nous nous sommes promis de nous revoir, mais chacun avait sa vie et nous sommes restés longtemps sans prendre de nos nouvelles. Moi je me sentais bien dans mon célibat, le travail la semaine et la moto le week-end, je faisais un peu moins de route car quelques douleurs musculaires se faisaient sentir à chaque long trajet. Cependant je mettais un point d'honneur à continuer à rouler à moto, beaucoup de motards de ma génération avaient abandonnés la moto pour la voiture, j'étais devenu le plus ancien du club, certains mène m'appelaient papy ! J'arrivais sur mes cinquante-cinq ans, et j'appréciais d'autant plus de rouler à moto car je savais qu'un jour viendrait où je finirai par devoir décrocher. De plus en plus je souffrais de sciatique lors de longs trajets, mais je ne pouvais me résoudre à me priver de ce bonheur. Avec quelques membres du club nous avions décidés d'aller faire la route 66, je savais que ce serait une épreuve pour moi de rouler quatre-milles kilomètres en deux semaines, mais la route 66 est la Mecque des bikers, ce rêve il faut le réaliser au moins une fois dans sa vie. Ce rêve je le faisais déjà bien avant de connaitre Corinne, le temps avait passé et à présent que je pouvais le réaliser rien au monde ne pourrait m’en empêcher. Pour mes collègues du club c’était rassurant de m’avoir avec eux, j’étais un peu comme le sage qui les retenait de faire des bêtises, en plus comme je baragouinais un peu d’anglais ça ne serait pas inutile de m’avoir à leurs cotés. Mon kiné m'avait conseillé d'aller quand même passer des radios avant de partir pour savoir si ce voyage ne me laisserait pas de séquelles. Je me suis donc rendu à l'hôpital, à moto comme d’habitude. Ma jambe me faisait un peu plus souffrir, j’avais du mal à m’assoir ou me relever, je marchais plus doucement, et il n’était plus question de courir, mais je tenais à rester dans ce projet de rouler sur cette route 66 si légendaire à mes yeux. Je m’étais installé confortablement dans la salle d’attente quand soudain je vis Corinne passer dans le couloir. Le temps que je me lève avec ma jambe qui me tirait un peu elle avait déjà disparu dans l'ascenseur. Elle ne marchait pourtant pas bien vite et traînait avec elle un goute à goute, le genre d'ustensile qui ne présage rien de bon sur son état de santé ! J'avoue que ça m'a un peu inquiété, et en sortant du service de radiologie je suis allé m'informer du numéro de sa chambre et de son état de santé. La jeune femme à l'accueil m'a donné le numéro de sa chambre en rajoutant : _«Elle est formidable, et d'un courage. » _«Elle est sérieusement malade ? » Demandais-je avec une inquiétude dans la voix. _«Oui, je ne devrait pas en parler, mais elle n'en a plus pour très longtemps, elle est sur une liste d'attente pour une greffe de moelle osseuse seulement il y a peu de donneur et elle a de forts risques de ne pas trouver de donneur compatible ! » Cette nouvelle m'abasourdi, je ne perdais pas une seconde pour aller la voir, et malgré ma jambe qui me taquinait je courais presque dans les couloirs. À mon arrivée dans son service elle sortait de sa chambre, en me voyant son visage s'illumina. _«Hooo, mon ex-mari ! » S'exclamait-elle. Pour la première fois elle venait de dire ex-mari, comme si elle avait finalement fait le deuil de ce divorce qu'elle avait elle-même demandé. Malgré les années qui avaient passées elle paraissait toujours aussi jeune, quelques cheveux blanc se maillaient dans ses cheveux blonds, des petites rides aux coins des yeux, mais elle avait su garder la fraîcheur de ses vingt ans, et ce malgré la maladie qui avait certainement dû l'affaiblir. Elle me sourit tendrement et de sa voix toujours aussi douce elle me dit : _«Mon rêve vient de se réaliser, je te revois au moins une dernière fois avant de partir. » Je voulu la réconforter. _«Ne dis pas de bêtises, il ne faut pas perdre espoir tu... » Mais elle m'interrompait : _«Non Jean-Paul, ne parts pas dans tes longues théories, j'ai déjà un pied dans la tombe et le second ne va pas tarder à le rejoindre, il faut accepter la réalité, je l'ai accepté moi, fais en autant, fais-le pour moi. » Je ne trouvais rien à lui répondre, alors elle se blotti contre moi et disant : _«Fais-moi un câlin de réconfort. » Je ne peux pas expliquer ce que j’ai ressenti lorsqu’elle s’est blottie ainsi contre moi, c’était un peu comme si quelque chose passait entre nous, comme si nous étions hors du temps, je revoyais en un instant plein de petits moments de bonheur passés à ses cotés ! Relevant la tête elle me regarda de ses grands yeux bleu et dit : _«Je vais bientôt mourir, ce n'est plus qu'une question de jours, c'est comme ça, c'est la vie, fais-moi plaisir, acceptes-le. » Je cherchais mes mots, je ne voulais pas la contredire car ça avait l'air si important pour elle que j'accepte cette terrible réalité, alors je lui demandais bêtement : _«Tu as peur ? » Elle me fit un sourire mêlé de tendresse et de mélancolie et me dit : _«Un ptit peu, tu sais je ne voulais pas te le dire pour ma maladie, mais si tu savais comme je suis heureuse que tu sois là ! » Puis elle se blottie de nouveau contre moi, je ne suis pas une mauviette, je ne me laisse pas émouvoir facilement, mais ce jour là je senti des larmes couler en silence sur mes joues. Je la serrais contre moi en me disant que jamais je n'avais dû aimer une femme autant qu'elle, et c'était au moment de la perdre à tout jamais que je m'en rendais vraiment compte ! Après ce moment de tendresse je sentais de la révolte monter en moi, je ne voulais pas lui montrer, mais moi je ne pouvais pas accepter que sa maladie soit la plus forte ! Tant qu'il y a de la vie il doit encore y avoir de l'espoir, ça ne peut être autrement. Nous avons passé plus d'une heure à discuter tout les deux, nous souvenir de nos bons moments, curieux nous ne nous sommes pas souvenus de nos disputes, elles étaient loin ces disputes stupides qui nous avaient fait perdre tant de temps passé loin l’un de l’autre. Elle a passé le bout du doigt sur mon casque en disant : _«Tu es toujours motard à ce que je vois, tu as quoi comme moto à présent ? » _«Toujours la même, elle est comme moi, elle vieilli. » _«Tu sais j’ai été jalouse de cette moto, elle nous avait amenée en Italie, elle nous a baladée un peu partout, mais elle, elle a su te rendre heureux. » Ma gorge se serrait, cette moto je n’avais jamais voulu m’en séparer parce que c’était sur elle que nous étions partis en Italie pour notre Lune de miel, parce que chaque fois que je roulais j’imaginais Corinne assise derrière moi, parce que pour moi cette moto c’était ce qu’il restait de notre amour. _«Ne dis pas de bêtises Corinne, les plus belles années de ma vie c’est toi qui me les as données » Plus tard c''est une infirmière qui m'a demandé de partir car l'heure des visites était largement dépassée. Nous nous sommes embrassés et je lui ai promis de revenir. Puis j'ai demandé à voir le médecin qui s'occupait d'elle, compte tenu de la situation il a accepté de me parler. Il m'a expliqué que même si nous trouvions un donneur compatible il y avait que très peu de chance qu'elle ne fasse pas un rejet et que malgré les apparences elle devenait trop faible pour qu’une opération ait des chances de réussite. Évidemment je demandais à faire un teste pour savoir si je pouvais être donneur, mais le résultat fut négatif, je ne m'avouais pas vaincu pour autant, et j'en parlais au club de motards. La réaction ne se fit pas attendre, dans ce monde des chevaliers de la route il y a une solidarité exemplaire et dès le lendemain matin une trentaine de motos se sont rendues à l'hôpital, tous étaient volontaire pour être donneur éventuel, mais encore une fois aucun d'entre eux ne pouvais être compatible. Corinne fut très touchée de me voir me démener ainsi mais elle me demanda de nouveau d'accepter la réalité. Son état s'aggravait de jour en jour, elle avait trop de mal à marcher et je poussais son fauteuil roulant pour lui faire prendre un peu l'air, on s'arrêta près d'un banc, et je m'assis en face d'elle. _«Corinne ne m'en veux pas mais je ne peux pas rester sans réagir. » Lui dis-je en lui prenant les mains. _«Chut, tu vas dire des bêtises. » Me répondit-elle, puis pour changer de conversation elle me demanda : _«Tu aurais une cigarette ? » _«Tu crois que ce serait raisonnable ? » _«Ho tout va bien de ce côté là, je n'ai jamais été une grosse fumeuse de toute façon, et puis tu sais au point où j’en suis je ne vais pas me priver des derniers petits plaisirs que la vie peut m’offrir. » En sortant mon paquet de cigarettes j'avais l'impression de lui offrir la cigarette du condamné, cette image m'a marqué, et ce soir là j'avais du mal à trouver le sommeil, comme si je pressentais que quelque chose allait arriver. C'est le lendemain que je fus réveillé par le téléphone, c'était l'hôpital qui me demandait de passer en toute urgence ! Sans perdre une seconde je m'habillais et sautais sur la moto, je ne me préoccupais de ma jambe qui avait du mal à se dégourdir, je crois que j'ai du rouler bien au dessus des limitations de vitesses, comme si ma vieille bécane était vivante et comprenait à quel point je devais arriver au plus vite elle me donnait tout ce qu’elle avait dans le ventre. Lorsque je suis arrivé une infirmière m'a dit qu'il n'y avait pas une seconde à perdre, je couru jusqu'à sa chambre en toute hâte, infirmiers et médecins étaient à son chevet. Quand elle m'a vu elle m'a sourit et m'a dit: _«Je ne voulais pas y aller avant de te voir une dernière fois. » Je me suis agenouillé auprès de son lit et lui ai pris la main, elle m'a regardé tendrement, à sourit de nouveau et a dit assez faiblement : _«Je suis prête à présent. » Puis elle a fermé les yeux, ma main s'est serrée sur la sienne, elle semblait si paisible, si sereine, aussi belle qu’aux premiers jours de notre rencontre et brusquement je me sentais si seul ! Puis je senti la main du médecin sur mon épaule, il me dit : _«Nous devons y aller maintenant. » Mon ex-mari et moi,  Je me nome Corinne Lunel, Comme tout le monde je croyais à l’amour, mais les exemples que j’avais pu voir autour de moi me démontraient que l’amour a un venin qui apporte plus de souffrance que de bonheur. La fleur qui symbolise l’amour c’est la rose, la rose est jolie, elle sent bon, mais elle perd très vite ses pétales et ne laisse que des épines ! Moi je ne voulais pas me piquer sur ces épines, alors je n’avais toujours pris de l’amour que les pétales et je partais avant de découvrir ses épines. Certains disaient de moi que j’étais une garce, d’autres auraient bien voulus me mettre dans leur lit, moi je ne me contentais que du moment qui passe, ne vivais une histoire d’amour qu’avec des sentiments, mais je m’éclipsais dès que le vent tournait. Mais ça c’était avant, avant de rencontrer Jean-Paul, il avait un je ne sais quoi qui me faisait fondre ! Au début nous n’étions qu’amis, très complices, c’était mon « presque » frère. Nous passions beaucoup de temps ensemble, nous avions tant à partager, je ne sais pas combien de fois je me suis endormi en pensant à lui, mais je ne voulais pas lui dévoiler mes sentiments, j’avais trop peur qu’il ne les partage pas et qu’il mette de la distance entre nous. Nous passions de longues heures à discuter, puis un soir où nous avions discutés très tard il m’a proposé de rester dormir chez lui, je ne lui ai pas montré mais à l’intérieur j’étais en ébullition. Puis, comme pour me convaincre de rester, il m’a précisé : _«En tout bien tout honneur bien sûr. » Les garçons disent toujours ça pour rassurer les filles, personne n’y croit bien sûr, mais c’est une façon élégante de proposer et d’accepter les événements qui doivent suivre. Il m’a galamment proposé de dormir dans son lit mais lui dormirait sur le canapé, là ça s’annonçait mal ! C’était à mon tour de le convaincre, j’ai pris ma voix la plus douce et lui ai dit : _«Si je dors ici il n’est pas question que je te prive de ton lit, nous allons le partager. » C’est ce que nous avons fait, nous avons partagés le lit, chacun de notre coté, nous avons continués à discuter un peu dans le noir et il s’est endormi. J’avais espéré qu’il me prenne contre lui, sentir la chaleur de sa peau, mais il s’était endormi en respectant sa parole ! Ce soir là je me suis endormi en pensant encore plus fort à lui, mon rêve était là, à quelques centimètres, mais j’étais si anxieuse de tout gâcher que je n’ai pas osé bouger. Le matin quand nous nous sommes réveillés nous étions blottis l’un contre l’autre, notre premier regard a été très complice, si complice qu’un baisé furtif à effleuré nos lèvres, des frissons on parcourut tout mon dos ! Je lui ai souri, et il m’a offert un second baisé bien plus fougueux ! Puis brusquement il s’est confondu en excuses car il m’avait promis « en tout bien tout honneur » jamais je n’avais pu vivre de moment aussi fort avec Jean-Paul et je ne voulais pas laisser passer une occasion aussi belle, alors je lui ai dit : _«En tout bien tout honneur c’était cette nuit, aujourd’hui est un autre jour. » Et nous avons fait l’amour, j’étais loin d’être à mon premier rapport sexuel, mais aussi loin que je me souvienne je n’en avais jamais connu d’aussi intense ! Notre relation a tout de suite changée, très vite des petites habitudes se sont installées, je ne voulais pas aller trop vite mais je me sentais si seule quand je rentrais chez moi que la semaine suivante je m’installais chez lui. Durant trois mois nous avons vécus sur un petit nuage, puis notre amour était si fort que nous avons décidés de nous marier. Parmi nos amis beaucoup ont essayés de nous en dissuader, ils nous disaient que le mariage est un tue l'amour, et qu'en plus c'est la cause principale de divorce, mais ils n'ont pas réussit à nous convaincre, nous avons dit "oui" devant monsieur le maire et dès le lendemain matin nous partions passer deux semaines à moto en Italie. Nous vivions un rêve, ce voyage n’était fait que de bonheur, il ne perdait pas une occasion de me photographier. Ça me faisait rire, et chaque fois que je lui souriais je voyais une petite lueur dans ses yeux. Il était si beau, si prévenant, toujours attentionné, il me traitait comme une princesse. Je me souviens que pendant ce voyage en Italie je m’étais dit qu’il devait y avoir une variété de rose sans épine, que le vrai amour existait bel et bien, et que je ferai tout pour le conserver et rendre heureux mon petit mari. Les premiers mois de notre mariage ont étés une idylle, malheureusement au bout de trois mois environ nous avons eu notre première dispute ! Comme beaucoup de disputes c’est parti d’un rien, j’avais oublié un plat à gratin dans le four, la moisissure s’y était installée, je me suis sentie tellement fautive, j’avais peur de l’avoir déçu, je ne me souviens même plus comment nous en sommes venus à nous disputer, toujours est-il que le ton est monté, nous ne pensions pas ce que nous disions mais chacun voulait avoir raison ! Pour mettre fin a cette dispute je suis allée dans la chambre en claquant la porte derrière moi, je m’attendais à le voir venir un peu plus tard et me demander pardon, j’aurais fait semblant d’être un peu fâchée puis nous aurions fait l’amour pour nous réconcilier. Mais j’attendais en vain, au bout d’un moment j’ai entre-ouvert doucement la porte et je l’ai vu dormir sur le canapé. Le lendemain nous nous sommes sentis si bête de nous être disputés, on s'est promis de ne plus recommencer, de discuter si quelque chose n'allait pas mais de ne plus hausser le ton. C'est se que nous avons fait pendant un temps, mais pendant un temps seulement, car très souvent des divergences nous opposaient et chacun de nous voulait avoir raison. En y repensant je me rends bien compte que chaque dispute partait d’une raison futile, mais nous ne parvenions pas à y échapper, c’était comme un mayonnaise qui monte trop vite et que nous ne savions pas métriser. Au bout de six mois de mariage il ne se passait pas une journée sans que nous nous disputions, je n’en pouvais plus, je me suis dit que prendre une bouffée d’oxygène me ferait du bien sinon j’allais finir en dépression ! Peut-être étais-je un peu trop impulsive, je n’ai pas pris le temps de bien réfléchir, j’ai mis quelques affaires dans mon sac de voyage et je suis parti chez mes parents pour y passer quelques jours, je suis parti si vite que j’en avais même oublié de prendre mon portable ! Avant de partir je lui avais laissé un mot sur la table qui disait simplement : « Je n'en peux plus, j'ai besoin de prendre l'air, je vais passer quelques jours chez mes parents. » Je ne sais pas s’il a tenté de me joindre sur mon portable, en tout cas il n’a pas appelé chez mes parents, enfin si quand même il a appelé mais bien plus tard. Ils m’ont conseillés d’arrondir un peu les angles, ils m’ont fait son éloge en disant que c’était un homme bien et que je devais savoir lui pardonner s’il y avait quelques fois des petites sautes d’humeur. J’étais prête à lui pardonner, mais je voulais qu’il fasse le premiers pas, il ne l’a pas fait, alors je me suis dit qu’il ne tenait peut-être plus à moi. Au bout de quelques jours je suis partie en voyage en Italie, j’ai refait le même voyage que nous avions fait ensemble, je cherchais à revivre toute seule ce bonheur que nous partagions à l’époque. Puis je suis rentrée en France et je me suis pris un petit studio pas très loin de chez lui, je connaissais ses horaires et le matin je me mettais à ma fenêtre et le regardais passer à moto quand il allait travailler. Souvent j’ai eu envie d’aller le voir mais je ne savais pas comment m’y prendre, puis le temps a passé et ça devenait impossible de rentrer chez lui. Mon père me faisait suivre le courrier que Jean-Paul faisait suivre chez mes parents, s’il avait su qu’il revenait à deux rues de chez lui. Un matin ce fut la douche froide ! Je venais de recevoir une demande de divorce ! Je ne pouvais pas le blâmer, après tout c’est moi qui étais parti. Avec cette lettre tous mes espoirs d’amour venaient de s’envoler, mais en même temps ça me donnait une occasion d’aller le voir. Je l’ai appelé, je lui ai dis que je comprenais et que je n’étais pas opposée au divorce mais que j’aimerais récupérer quelques affaires à la maison. Ça m’a fait un choc quand j’ai passé la porte, tant de souvenirs refaisaient surface ! Curieusement je ne me souvenais que des bons souvenirs, ma mémoire refusait de se rappeler de nos disputes, après tout nous avions vecus tellement de bons moments ensembles dans cet appartement. Il était toujours aussi beau, toujours charmant et attentionné, je me demandais comment nous avions pu en arriver là ? Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête, j’avais une envie folle de prolonger ce moment, je ne lui ai pas dit que je vivais tout près de chez lui et lui ai demandé si je pouvais rester quelques jours le temps de me trouver un pied à terre. Il a accepté sans hésiter une seule seconde, je crois que lui aussi avait envie de prolonger ce moment, mais à mon grand désespoir il dormait sur le canapé. Nous passions nos soirées à discuter de se que nous allions faire, de ce que nous aurions pu faire, de ce que nous aurions dû faire, puis je lui dit tristement: _«C'est quand même dommage d'en arriver là, on s'entendait si bien au début. » _«Au début oui, mais après on avait du mal à nous supporter. » _«C'est vrai, si on avait su faire quelques efforts on aurait peut-être pu réussir à nous entendre ? » _«Qui sait ? » _«Et si on se donnait une seconde chance ? » J’avais peur de sa réponse, mais lui aussi je crois qu’il voulait qu’on se donne une seconde chance, nous avons fait des efforts, nous réussissions à surmonter les petits problèmes sans nous disputer, mais son travail lui prenait beaucoup de temps, il rentrait de plus en plus tard le soir, je devenais soupçonneuse. Et un jour ça lui a échappé ! Il m’a parlé d’Agnès, une de ses collègues de travail avec qui il restait finir les programmes le soir. Je n’étais pas naïve, je savais très bien qu’il ne s’agissait pas de travail ! Cette Agnès était sans doute le genre de filles qui prennent les hommes des autres pour le meilleur et les renvoient chez leurs femmes pour vivre le pire ! Je ne pouvais pas supporter de le partager avec une autre ! J’ai pris sur moi, je l’ai laissé vivre son aventure, mais il ne pouvait pas avoir les deux, je suis partie de la maison sans lui montrer une seule seconde comme je souffrais. Pendant trois mois je n’avais plus goût à rien, j’avais même envisagé le suicide, et puis je me suis ressaisie, c’était mon mari après tout, j’avais la priorité ! A moi de savoir le garder et lui prouver comme je l’aimais. Un soir je suis allée frapper à sa porte, j’avais peur que ce soit cette Agnès qui m’ait ouvert, au quel cas j’aurais compris et serais repartie. C’est lui qui m’a ouvert la porte, en le voyant une foule de souvenirs refaisaient surface encore une fois, mais je ne voulais rien laisser paraitre, alors je lui dis simplement : _«Je peux entrer un moment ? » _«Bien sûr, c’est chez toi aussi. » Me répondit-il. Nous avons longuement parlés, il me soutenait qu’il n’y avait jamais rien eu entre Agnès et lui, je restais quand même septique, mais il faut savoir pardonner, alors je lui ai dit : _«Le passé c'est le passé, il faut savoir l'oublier, et regarder vers l'avenir. Tu sais, mon avenir j'aimerais qu'il soit à tes côtés. » Cette fois-ci ça a duré presque deux ans avant que de nouveau des problèmes ne viennent ternir notre union. Je me demandais de plus en plus s’il y avait réellement une possibilité de vivre ensemble. J’avais à l’époque une opportunité de suivre un stage de photographies aux Etats-Unis, ce stage me servait d’excuse pour m’éloigner sans que ce soit définitif, je me souviens lui avoir dit : _«J'ai bien réfléchi, ça ne peut plus durer comme ça, on n'arrête pas de se disputer pour un rien, on devrait faire un break et faire le point après. » Le stage a duré quatre mois, j’en suis un peu honteuse mais pendant ces quatre mois j’ai eu une relation amoureuse avec un américain, après tout lui aussi avait eu Agnès ça rétablissait l’équilibre. De retour en France je ne me suis pas sentie le courage de retourner chez lui, je me sentais sale de l’avoir trompé, et puis les disputes quotidiennes auraient très vite repris le dessus de toute façon, mais je ne parvenais toujours pas à l’oublier. Un jour j’étais invitée au mariage d’amis communs, j’imaginais bien qu’il serait aussi de la fête, je le cherchais du regard quand soudain je le vis, je ne pu m’empêcher de lui sourire et je lui ai dit : _«Ho mon mari. » Nous avons discutés longuement, oubliant quelque peu la réception, je lui ai avoué que j’étais déjà rentrée depuis quelques temps mais j’ai prétexté ne pas être revenue chez lui car j’avais peur qu’il m’ait trouvé une remplaçante. _«Et bien non tu vois, personne n'est venu prendre la place qui te reviens. » M’a-t-il répondu avec une petite lueur d’espoir dans la voix. Il me tendait une perche en me disant cela, je profitais de la saisir, c’était une opportunité qui ne se représenterait peut-être plus. Nous avons donc repris la vie commune avec ses hauts et ses bas, j’étais consciente que je provoquais beaucoup de disputes, pas volontairement bien sûr, mais j’avais des fois du mal à le comprendre et nous partions chacun dans une direction opposée. Alors je prenais sur moi pour éviter les conflits, ça a tout de même duré trois ans. Mais trois ans où il ne se passait de moins en moins de choses dans nos vies, trois ans de routine. Et il y avait Patrick, ce collègue de travail qui me faisait toujours rire. Il respirait la joie de vivre, il avait cette petite étincelle qui m’attirait de plus en plus ! Je ne voulais pas tromper Jean-Paul encore une fois, mais je savais bien qu’un jour Patrick finirait par obtenir ce qu’il cherchait. Alors j’ai pris les devants, un soir j’ai annoncé à Jean-Paul que j’avais rencontré quelqu’un, qu’il ne s’était encore rien passé mais que notre mariage manquait d’imprévu et que Patrick m’apportait ce qu’il me manquait dans ma vie. Je me souviens à quel point ça a été dur pour moi de lui dire tout ça ! J’ai bien vu à quel point ça lui faisait mal, j’ai même hésité un peu, mais une fois lui avoir dit que je le quittais je ne pouvais plus faire machine arrière. Nous nous sommes quittés bons amis tout de même, petit à petit j’allais récupérer mes affaires, je crois qu’inconsciemment je cherchais à faire durer mon déménagement, je quittais Jean-Paul mais je gardais toujours une place pour lui dans mon cœur, et chaque fois que je le voyais il y avait ce petit quelque chose que je ne saurais expliquer. Au dernier voyage, j’ai posé le dernier carton sur la table et j’ai regardé une dernière fois l’appartement, je sentais une envie de pleurer monter doucement. _«Tu as oublié quelque chose ? » Me demanda-t-il. _«Non, je regarde une dernière fois la maison, ça me fait quand même un petit quelque chose de partir. » _«Tu pourrais rester ? » _«Non Jean-Paul, nous nous sommes aimés mais il n’y a plus grand-chose entre nous à part du respect et de l’amitié. » Puis on s’est fait la bise sur les joues en bons camarades, j’ai pris mon carton et je me suis éloignée dans le couloir vers l’escalier, bien que j’en avais envie je ne me suis pas retournée mais je suis quasiment certaine qu’il me regardait partir. Je crois que si je m’étais retournée j’aurais lâché mon carton et courue dans ses bras. C’est ce que j’aurais dû faire, car la vie avec Patrick n’était pas aussi douce que je ne l’avais imaginé. Il passait son temps à boire avec ses copains, m’humiliait en public, il était même violant quelques fois ! Il avait fini par perdre son emploi au journal et ne se pressait pas pour en trouver un autre. J’ai pourtant essayé de faire que ça marche, mais un soir je n’en pouvais plus et j’ai craqué, je lui ai déballé tout ce que j’avais sur le cœur ! Résultat je me suis retrouvée dehors avec uniquement ce que j’avais sur le dos ! J’aurais pu aller à l’hôtel, mais j’avais besoin de parler à quelqu’un, et il n’y avait qu’une seule personne qui aurait pu m’écouter. J’ai quand même hésité près d’une heure avant de téléphoner à Jean-Paul, je lui ai dit dans quel café je me trouvais et il ne s’est pas écoulé beaucoup de temps avant que je ne le vois arriver sur sa moto. Il avait l’air content de me revoir, au début je ne voulais pas lui montrer mon désespoir, mais subitement je n’ai pu retenir mes larmes, je me suis mise à sangloter comme une gamine, entre deux sanglots je lui expliquais ma situation : _«Il m'a mise dehors avec juste se que j'avais sur moi, il m'a promis de me filer une trempe si je retournais à l'appartement, je ne savais pas vers qui me tourner. » _«Tu as eu raison de m'appeler, je vais t'accompagner pour récupérer tes affaires et tu peux venir à la maison le temps de te retourner. » _«Non, tu es gentil mais je ne veux pas t'imposer ma présence après t'avoir plaqué comme je l'ai fait, j'avais juste besoin de parler avec quelqu'un qui me comprenne, je vais aller chez mes parents. » _«Il n’en est pas question Corinne, je ne veux pas te laisser comme ça, nous sommes potes tu te souviens ? » Je ne voulais pas retourner chez Patrick avec lui, j’avais trop peur qu’ils ne se battent à cause de moi ! J’avais fait trop de mal à Jean-Paul en le quittant, et lui en retour c’est son aide qu’il m’offrait. Il a tellement insisté pour aller chercher mes affaires que j’ai fini par céder. Il avait tout prévu le coquin, il avait un second casque accroché à sa moto, je pense qu’il espérait me ramener avec lui quand il est venu me rejoindre au bar. Je n’ai jamais su si Patrick était content de me voir débraser le planché ou c’est la présence d’un biker tout de cuir vêtu qui l’a impressionné ? En tout cas il m’a laissé prendre toutes mes affaires. Bien sûr on ne pouvait pas transporter tout ça a moto, c’est donc en taxi avec tout mes bagages que je me suis rendue chez Jean-Paul. Pendant un temps je suis restée chez lui en copain-copine, en bon gentleman il m’a laissé la chambre, lui il dormait sur le canapé, il me disait que ça lui arrivait très fréquemment, je pense que c’était une astuce pour que j’accepte de dormir dans la chambre. Je me sentais si bien auprès de lui, même en simple copain il était génial. Un soir où nous regardions la télé j’ai eu cette envie folle de me blottir contre lui et je lui ai dit : _«Mon mari c’est mon meilleur pote. » Puis on s’est regardés un instant, on venait de prendre conscience que nous étions toujours mariés ! On ne savait même pas où en était notre procédure de divorce, mais rien ne pressait après tout. Ce soir là j’avais l’impression de retrouver mon petit mari que je n’aurais jamais dû quitter. Ce soir là nous nous sentions si bien tout les deux que nous avons fait l'amour, nous avons fait l'amour comme au début de notre relation, tout nous semblait si beau à ce moment là. Alors nous avons décidés de laisser le temps faire les choses, je savais au fond de moi que ça ne durerait pas, fatalement un jour ou l’autre nous allions encore nous séparer, mais je ne voulais pas y penser, je voulais prendre le bonheur tant qu’il était là. Je ne sais pas si c’est parce que notre situation était provisoire mais elle durait dans le temps. Je ne voulais plus le décevoir, alors je l’accompagnais sur ses concentres de motos, je m’y ennuyais un peu mais ça lui faisait tellement plaisir. Je reconnais que j’y ai fait de superbes photos de toutes sortes de motos, ça m’a valu une très belle exposition. Seulement dormir dans un sac de couchage sous la tente j’aurais rêvé mieux comme weekend, j’ai fini par l’accompagner de moins en moins, puis plus du tout. Lui passait ses weekends avec son club de bikers, moi je partais faire des photos de mon coté, nous ne faisions plus grand-chose en commun. Un jour j’ai émis l’hypothèse de déménager pour un appartement plus près de mon travail, ça n’avait pas l’air de l’enthousiasmer, de toute façon ma décision était prise, je ne pouvais plus faire toute cette route deux fois par jour et pour lui la distance était quasiment équivalente de son travail. Mais elle était plus longue pour retrouver ses potes du club et ça avait l’air de le gêner. Je me rendais compte que nos meilleures années étaient passées, la tension que nous cherchions à éviter allait bientôt finir par exploser. Pour lui il n’y avait plus que cette satanée moto et son club qui comptaient, il a finalement accepté de déménager mais ne s’est occupé de rien, j’ai même dû prendre des congés pour m’occuper de tout. Il n’était même pas là pour la signature du bail, alors j’ai dû prendre l’appartement à mon nom propre. Et puis il y avait tant à faire dans cet appartement mais lui ne pensait qu’à aller sur sa concentre annuelle, nous nous sommes disputés à ce sujet, mais rien n’y a fait, il y est quand même allé ! J’étais dans une rage folle, je ne comptais plus pour lui, sa moto avait pris ma place ! Trop c’était trop ! J’ai fait changer la serrure de l’appartement, j’ai donné ses affaires à la croix rouge, et j’ai même fait venir un huissier pour constater qu’il ne vivait plus à la maison !!! La vengeance d’une femme peut être terrible quand elle se sent délaissée ! Ensuite je suis allée passer quelques jours chez mes parents. A mon retour j’ai entamé la procédure de divorce, ça a été assez vite, mais le juge n’a pas retenu son abandon de domicile, bien au contraire c’est moi qui ai eu les tords ! Il était tellement laxiste qu’il n’avait même pas résilié le bail de son appartement et du coup j’ai payé un huissier pour prouver que je ne vivais plus au domicile conjugal ! Je lui en ai voulu sur le moment, mais après tout j’avais voulu tricher et ça m’était retombé dessus. Ce n’est pas que j’aimais la solitude mais je ne voulais plus de relation amoureuse, les hommes m’avaient trop fait souffrir. Le temps a passé, je n’avais plus aucune nouvelle de Jean-Paul, jusqu’au jour où une amie m’a entrainée pour faire de la varappe, j’étais assez sportive mais sujette au vertige, c’est un peu à contre cœur que je l’ai accompagné. Soudain je le vis, il était là pour faire de la varappe lui aussi, si je n’avais pas aussi bien connu Miriam j’aurais pu penser qu’elle aurait provoqué cette situation. Je me suis approchée de lui en disant : _«Mais c’est mon mari ! » Il s’est retourné et m’a sourit comme si le temps avait effacé les rancunes et a précisé : _«Ex-mari. » C’est là que je remarquais qu’il n’était pas seul ! Comme gaffeuse je me posais là ! _«C’est vrai, ex-mari depuis une bonne année déjà. » Dis-je pour essayer de rattraper ma bourde. Ça me faisait plaisir de le revoir, mais j’avoue que ça m’a fait un peu mal de le voir avec une autre, ce jour-là j’aurai bien aimé que ce soit moi. Nous avons passés l’après-midi à escalader entre amis, je reconnaissais bien là mon Jean-Paul, pas rancunier pour deux sous. Par la suite j’ai appris qu’il s’était mis en ménage avec cette jeune femme, ils formaient un charmant couple. C’est quelques temps plus tard que j’ai rencontré Michel, ho ce n’était pas Jean-Paul, il n’y avait rien de comparable, mais il était doux en gentil. Un jour où je rendais visite à Jean-Paul il m’annonça qu’il venait de rompre avec sa copine, ça m’a fait de la peine pour lui, si je n’avais pas su le rendre heureux j’aurais quand même bien voulu qu’il ait le droit à une petite tranche de bonheur. Nous avons passés un moment à discuter devant une tasse de café, je lui ai parlé de Michel, je lui ai même présenté par la suite. Nous nous voyions de temps en temps, on prenait un café en ville, on se racontait un peu comment ça allait, chaque fois que je le voyais c’était comme un rayon de soleil. Surtout que la vie avec Michel était de plus en plus monotone. Tellement monotone que l’osque nous nous sommes séparés je ne me rendais même pas compte de son absence ! Jean-Paul a eu l’air un peu triste quand je lui ai annoncé que j’avais repris ma liberté, j’aurais espéré c’est vrai qu’il profite que nous soyons célibataire tout les deux pour me faire des avances mais il n’en a rien fait. Un jour je lui ai même dit que notre divorce avait été une bêtise, car nous passions quand même de bons moments ensemble, ce jour-là c’est moi qui lui tendais une perche mais il ne l’a pas saisie. Il m’a répondu que tant que c’était amical nous nous entendions bien mais pas quand nous étions en couple. C’est vrai que j’espérais une autre réponse mais je n’ai pas voulu lui montrer ma déception et je ne l’ai pas contredit. Par la suite nous nous sommes revus de moins en moins, nous avions chacun notre vie, notre travail, nos loisirs, et puis un soir j’ai été envoyée par mon journal pour faire des photos de la présentation d’un nouveau jeu vidéo. Là ça a été une surprise, je ne m’attendais pas du tout à ce que ce soit Jean-Paul qui en soit le concepteur ! On aurait dit qu’il passait à travers les années sans en subir quoi que ce soit, il était toujours le beau gosse qui m’avait fait craquer, je me suis avancée en lui souriant et lui ai dit : _«Ça me fait toujours plaisir de revoir mon mari. » _«Ex-mari, mais moi aussi ça me fait plaisir de revoir mon ex-femme. » Bien sûr EX mais ces deux petite lettres je les oubliais si facilement quand je le revoyais, c’était peut-être inconscient aussi, des fois j’aurais voulu mettre ces deux lettres dans une boite avec toutes nos disputes et tout reprendre à zéro. Après la réception nous nous sommes promis de nous revoir, et puis le temps a passé, nous avions nos vie chacun de notre coté. C’est fou comme l’on peut s’attacher à quelqu’un, je ne le voyais plus mais il était toujours avec moi, quand je choisissais un bibelot j’imaginais lui demander son avis, et quelques fois je ne l’achetais pas parce que je savais qu’il ne l’aurait pas aimé. Lorsque j’entendais le bruit d’une moto je ne pouvais m’empêcher de regarder si ce n’était pas lui, les années passaient mais son souvenir restait intacte je ne parvenais pas à l’oublier et je dois dire que ça ne me déplaisait pas de l’imaginer à mes cotés. Un jour je venais de passer une visite à la médecine du travail, le médecin avait l’air soucieux, il me demanda d’aller passer des examens à l’hôpital. Ce n’est généralement pas très bon signe, je prenais donc un rendez-vous, et m’y suis rendue avec ma lettre du médecin du travail. Ils m’ont fait toute sorte d’examens ! Et puis c’est un professeur qui m’a reçu, il n’avait pas besoin de me parler pour que je comprenne que ça devait être sérieux, son air grave en me recevant venait m’informer sur mon état de santé. Je devais suivre un traitement le plus rapidement possible, mais pour avoir une petite chance de guérison je devais subir une greffe de moelle osseuse, le problème c’est que je suis peut-être unique, on ne trouvait pas de donneur compatible. Très vite j’ai ressenti que mon état se dégradais, je n’étais pourtant pas si vieille, j’allais sur mes cinquante-quatre ans, mais j’avais l’impression d’en avoir soixante-dix. Beaucoup de mes amis sont venus pour me réconforter dans cette épreuve, mais la seule personne que j’aurais bien voulu voir c’était Jean-Paul. Je ne voulais pas l’appeler, je ne voulais pas qu’il me voit dans mon état, et en même temps je rêvais de l’avoir auprès de moi. Après une courte période de révolte contre cette maladie qui me prenait la vie alors que j’aurais dû avoir encore quelques années devant moi, je passais à l’acceptation. De tout façon je ne pourrais rien y changer, alors autant accepter et essayer de profiter du temps qu’il me restait à vivre. Je venais de remonter d’une courte balade dans un des espace vert, je ne pouvais plus marcher très longtemps et en plus je trainais avec moi un goute à goute qui, bien qu’il soit sur roulettes, fait quand même son poids. A peine dans ma chambre je voulais déjà en ressortir, je n’arrivais pas à tenir en place, et en arrivant dans le couloir mon cœur s’est mis à battre ! Je n’en croyais pas mes yeux, Jean-Paul arrivait à ma rencontre ! _«Hooo mon ex-mari ! » Me suis-je exclamé. Autres fois je prenais plaisir à continuer à l’appeler mon mari pour le taquiner un peu, mais dans l’état des choses à présent je n’avais plus le cœur aux taquineries, j’étais juste heureuse de le voir, voir une dernière fois celui que j’ai aimé toute ma vie. S’il était là c’est qu’il avait appris que j’étais malade, ce n’était donc plus la peine de lui cacher. _«Mon rêve vient de se réaliser, je te vois au moins une dernière fois avant de partir. » _«Ne dis pas de bêtises, il ne faut pas perdre espoir tu… » Je l’interrompais car il allait partir dans une grande théorie à laquelle ni lui ni moi n’aurait cru. _«Non Jean-Paul, ne parts pas dans tes longues théories, j'ai déjà un pied dans la tombe et le second ne va pas tarder à le rejoindre, il faut accepter la réalité, je l'ai accepté moi, fais en autant, fais-le pour moi. » Il ne trouvait rien à me répondre, mais ce que je voulais avant tout c’était l’avoir auprès de moi, alors je me blottie contre lui en disant : _«Fais-moi un câlin de réconfort. » Puis je relevais la tête le regardais, rien que de le voir je me sentais déjà bien mieux, je lui dis : _«Je vais bientôt mourir, ce n'est plus qu'une question de jours, c'est comme ça, c'est la vie, fais-moi plaisir, acceptes-le. » J’ai bien vu qu’il cherchait ses mots, il ne savait pas comment s’exprimer, alors il me demanda simplement : _«Tu as peur ? » _«Un ptit peu, tu sais je ne voulais pas te le dire pour ma maladie, mais si tu savais comme je suis heureuse que tu sois là ! » Puis je me suis blottie de nouveau contre lui, le sentir tout contre moi me redonnait mes vingt ans. Ensuite nous sommes allés nous assoir dans ma chambre et nous avons discutés, nous nous remémorions nos souvenirs, mais uniquement les bons souvenirs. Un moment j’ai passé le bout de mon doigt sur son casque qui était posé à coté de lui et lui ai dit : _«Tu es toujours motard à ce que je vois, tu as quoi comme moto à présent ? » _«Toujours la même, elle est comme moi, elle vieillie. » _«Tu sais j’ai été jalouse de cette moto, elle nous avait amenée en Italie, elle nous a baladée un peu partout, mais elle, elle a su te rendre heureux. » _«Ne dis pas de bêtises, les plus belles années de ma vie c’est toi qui me les as données » Il avait un peu la gorge serrée en me disant ça. C’est une infirmière qui est venue lui demander de partir car l’heure des visites était largement passée. Nous nous sommes embrassés puis il m’a promis de revenir, moi j’espérais seulement pouvoir être encore en vie la prochaine fois qu’il viendrait. C’est un peu plus tard que j’ai appris par une jeune infirmière qu’il était en train de remuer ciel et terre pour trouver un donneur, lui-même n’était pas compatible mais il était revenu avec tout son club de motard pour passer un test, malheureusement aucun d’eux non plus n’était compatible. Ça m’avais touché d’apprendre ça, c’était une belle preuve d’amour qu’il m’offrait, même s’il ne pouvait pas me sauver il se démenait pour essayer. Mais on ne peut rien contre la fatalité, mon état de santé s’aggravait de jour en jour, je ne pouvais quasiment plus marcher, alors il m’a installé sur un fauteuil roulant et m’a amené dehors pour pouvoir prendre l’air. On s’est arrêtés près d’un banc, il s’est assis en face de moi, m’a pris les mains et m’a dit : _«Corinne ne m'en veux pas mais je ne peux pas rester sans réagir. » _«Chut, tu vas dire des bêtises. » Lui répondis-je, puis pour changer de conversation je lui demandais : _«Tu aurais une cigarette ? » _«Tu crois que ce serait raisonnable ? » Me dit-il d'un air soucieux. _«Ho tout va bien de ce côté là, je n'ai jamais été une grosse fumeuse de toute façon, et puis tu sais au point où j’en suis je ne vais pas me priver des derniers petits plaisirs que la vie peut m’offrir. » Je voyais bien qu’il était retissant à m’offrir cette cigarette, il voulait avant tout prendre soin de moi mais à ce moment-là il aurait fait n’importe quoi pour me faire plaisir. En allumant cette cigarette je pensais que ça serait certainement la dernière que je fumerais, un petit peu comme la cigarette du condamné. Je sentais bien que mon corps devenait de plus en plus faible, mais pas mon esprit, mes rêves je les gardais, mes souvenirs aussi, Ce moment privilégié avec Jean-Paul serait mon dernier souvenir avec celui que j’aurais le plus aimé dans ma vie, je voulais faire durer ce moment mais je me sentais si faible qu’il a dû me ramener dans ma chambre. Peu après son départ je me suis endormie, j’avais un peu peur de ne plus me réveiller, je me sentais partir doucement, mais j’avais eu ce dernier petit moment avec celui que j’ai toujours aimé et je partais sereine. Le lendemain matin je fus réveillée d’assez bonne heure par le médecin et toute son équipe au grand complet, il me dit : _«Une bonne nouvelle madame Lunel, nous avons fini par trouver un donneur compatible, mais le temps presse, nous devons vous opérer tout de suite. » C’était vraiment inespéré, mais je savais que cette opération était à risque, je voulais voir une dernière fois Jean-Paul avant d’y aller, je voulais voir la joie sur son visage et si je restais sur la table d’opération au moins mon dernier souvenir serait de le voir heureux. Le médecin s’y opposait, il m’expliqua que ce n’était même plus une question d’heures mais tout au plus de minutes, il devait opérer immédiatement. Mais je continuais de refuser d’être opérée avant de n’avoir revu Jean-Paul, je savais que mes minutes étaient comptées mais c’était mes dernières minutes à moi et je voulais en disposer pour revoir celui que j’avais toujours aimé. Quand il est arrivé dans ma chambre il était tout essoufflé, en le voyant je me suis sentie rassurée, je lui ai dit : _«Je ne voulais pas y aller avant de te voir une dernière fois. » Il s’est agenouillé auprès de mon lit et m’a pris la main, je l’ai regardé en lui souriant et sans cesser de le regarder j’ai dit au médecin : _«Je suis prête à présent. » Puis j’ai fermé les yeux pour garder son souvenir son souvenir intacte, je crois que j’ai dû perdre connaissance car je ne me souviens plus de ce qu’il s’est passé ensuite. Jean-Paul et Corinne,  Le médecin posa la main sur l’épaule de Jean-Paul et lui dit : _«Nous devons y aller maintenant, » _«Donnez-moi quelques minutes. » Dit Jean-Paul en essuyant une larme au coin de son œil. _«Vous ne m’avez pas compris monsieur Sénéchal, nous devons l’opérer immédiatement, elle a perdu de précieuse minutes car elle refusait l’opération avant de vous avoir revu, nous ne pouvons plus attendre, sa vie en dépend. » Depuis longtemps Jean-Paul n’avait plus réussit à se relever sans prendre appuie sur quelque chose, mais aujourd’hui il se relève d’un bon pour permettre aux infirmiers d’emporter Corinne vers le bloc. Lorsque que Corinne a dit « Je suis prête à présent. » et qu’elle a fermée les yeux Jean-Paul a bien cru qu’elle avait tentée de résister jusqu'à son arrivée puis s’était laissée aller. En apprenant que Corinne n’était pas morte mais au contraire avait une chance de survivre tous ses espoirs renaissent, tous ses souvenirs refont surface, ils ne sont plus de la première jeunesse mais ils ont encore quelques belles années devant eux, Jean-Paul espère de tout cœur pouvoir les partager avec celle qu’il se rend compte avoir toujours aimé. L’opération a été longue, Jean-Paul était mort d’inquiétude, quand enfin le chirurgien est venu le voir il ne pouvait pas encore se prononcer. _«L’opération a bien réussit, maintenant il faut attendre, si elle ne fait pas de rejet toute les chances sont permise. » _«Vous estimez ses chances à combien ? » Demande Jean-Paul avec de l’inquiétude dans la voix. _«Ce n’est pas ce qui est important de savoir ça monsieur Sénéchal, on ne pourra se prononcer vraiment que si elle ne fait pas de rejet de la greffe. » _«Ecoutez docteur, cette femme est tout ce qu’il me reste, je croyais l’avoir perdue à tout jamais et quand je l’ai retrouvé c’était pour apprendre que ses jours était comptés, maintenant qu’il y a un espoir j’ai besoin de savoir, je vous en prie docteur, dites-moi quelles sont ses chances ? » _«Elle était très faible pour cette opération, elle était déjà au-delà du seuil critique pour opérer, si la greffe prend son corps prendra le relai, dans le cas contraire elle ne passera pas la nuit, honnêtement j’estime ses chances à une sur trois. » Une chance sur trois c’est peu mais la veille encore elle n’en avait aucune, Jean-Paul veut croire que Corinne saura saisir cette chance. Corinne est restée inconsciente durant deux longues journées, deux longues journées pendant lesquelles Jean-Paul est resté à son chevet jours et nuits. Il ne cessait de la regarder, il la trouvait si belle. Il se demandait pourquoi il n’avait jamais réussit à vivre très longtemps ensemble, ils s’aimaient si fort pourtant. Que de temps perdu à se disputer et se séparer alors qu’ils auraient pu le passer à s’aimer tout simplement. Quand Corinne a ouvert les yeux elle a tout de suite regardée Jean-Paul et lui a sourit, ce sourire encore faible mais qui réchauffait le cœur de ce vieux biker. Elle s’est rendormi quasiment tout de suite, sereine d’avoir vu ce visage amical à ses coté. Corinne ne s’était-elle peut-être réveillé rien que pour rassurer Jean-Paul après tout, puis s’était rendormi épuisée par la maladie et son opération. C’est le lendemain qu’elle a vraiment repris conscience, Jean-Paul était toujours là à ses cotés. _«J’ai dormi longtemps ? » demanda-t-elle d’une petite voix. _«Presque trois jours, l’opération a bien réussit, tu as besoin de repos à présent. » _«Tu es resté là tout ce temps ? » _«Je n’avais pas plus à faire. » Dit-il en plaisantant. Elle esquissa un sourire encore un peu faible, puis fit glisser sa main sur le lit vers lui, il lui prit la main et lui demanda de se reposer, elle avait grand besoin de reprendre des forces. Les jours suivant Corinne reprenait des forces, la greffe avait bien pris et sa maladie était en régression. Jean-Paul avait bien sûr dû reprendre le travail mais il revenait à l’hôpital aussi souvent que possible. Corinne rayonnait à chaque fois qu’elle le voyait entrer dans sa chambre. Jean-Paul avait toujours été là pour elle quand elle lui avait demandé de l’aide, mais elle ne se faisait pas trop d’illusions quand même, si elle n’avait pas été si malade ils se seraient juste croisés, discutés un peu, et chacun aurait repris sa route. Ils se sont prouvés qu’ils avaient des sentiments forts l’un pour l’autre, mais tout au long de leurs vies ils n’ont jamais réussit à rester en couple, bien qu’à présent Corinne aurait vraiment voulu partager le reste de sa vie avec Jean-Paul elle se doutait bien au fond d’elle-même que si elle guérit la vie reprendra son cour, sans doute chacun de leur coté, mais elle se contenterait bien de le revoir de temps en temps. Jean-Paul non plus ne se faisait pas trop d’illusions, il avait bien compris à quel point il comptait pour Corinne, seulement c’est dans l’épreuve qu’on compte ses amis, une fois cette épreuve passée ils auront moins besoin l’un de l’autre, mais lui aussi espère bien pouvoir revoir Corinne de temps en temps par la suite, elle a toujours été un rayon de soleil lorsqu’elle apparaissait. Un jour quand Jean-Paul est arrivé dans le hall son casque à la main il a entendu une voix qu’il connaissait bien derrière lui : _«Je suis là. » Corinne était descendue pour l’attendre. _«Mais tu es folle ! Il ne faut pas te lever, il est encore trop tôt ! » _«J’ai eu l’accord du médecin, je peux me lever une heure par jour, je suis en bonne voie de guérison, et tout ça grâce à toi. » _«Moi ? Mais je n’ai rien fait ! » _«Ho si ! Tu t’es démené pour moi, tu as remué ciel et terre pour tenter de trouver un donneur. » _«Mais ce n’est pas moi qui ai trouvé ce donneur ! » _«Peut-être, mais tu as été là pour moi, tu m’as soutenu, tu m’as donné le courage de me battre. » Jean-Paul prit Corinne dans ses bras, ils se serrèrent très fort l’un contre l’autre puis ils remontèrent dans la chambre en se tenant par la main. Il l’aidât à se coucher et s’assit à coté d’elle. _«Je vais bientôt pouvoir sortir d’après le médecin. » dit-elle. _«Il y aura quelqu’un pour t’aider ? Tu risques d’être encore un peu faible. » _«Non je vis toute seule, mais ne te fais pas de souci, je ne ferai pas plus d’efforts que je ne pourrai. » _«Et si tu venais passer ta convalescence à la maison ? Juste le temps de reprendre assez de force ? » Corinne lui sourit mais elle sentit une petite inquiétude monter en elle. _«Et que va dire madame Sénéchal ? » _«Il n’y a pas de madame Sénéchal, il n’y en a eu qu’une et elle est allongée dans ce lit. » Corinne était aux anges, mais elle ne voulu pas lui montrer tout de suite, elle ne voulait pas non plus se faire de fausses illusions. Jean-Paul insista, alors Corinne mis une condition : _«D’accord mais il n’est pas question que tu dormes sur ton canapé. » _«Il n’est pas question qui tu y dormes non plus. » _«Alors nous devrons partager le lit. » Dit-elle avec en arborant son plus joli sourire. Deux semaines plus tard Corinne est venu s’installer chez Jean-Paul, il était aux petits soins pour elle, elle reprenait des force de jour en jour, bientôt sa maladie ne serait plus qu’un mauvais souvenir. Pas si mauvais tout de même car ça lui a permis de retrouver Jean-Paul. Ils n’ont pas partagés le lit, Jean-Paul avait insisté pour dormir sur son canapé, il lui a assuré que c’est sur son vieux canapé qu’il a toujours passé la plupart de ses nuits de sa vie de célibataire. Corinne aurait pourtant bien voulu sentir sa présence auprès d’elle la nuit, mais c’était peut-être une façon qu’avait Jean-Paul de lui dire qu’il y avait une frontière à ne plus franchir, elle n’insista pas. Elle savourait tout de même cette vie similaire à un couple, ils étaient complices comme au début de leur rencontre, après tout c’était peut-être ça que devait être leur relation, une intense complicité. Pendant ce temps l’équipe de bikers avait pris l’avion pour New-York, et de là pour Chicago où devait commencer leur périple américain. Deux d’entre eux étaient chargés de faire des photos de tout le voyage et un troisième de les commenter. Quasiment tous les jours Jean-Paul recevait les photos par email et constituait un album animé sur son ordinateur. Corinne ne le savait pas mais elle voyait que Jean-Paul faisait défiler des photos sur sont ordinateur, et les photos c’est le métier de Corinne et un peu curieuse elle lui demanda si elle pouvait les voir. _«Bien sûr, ce sont des potes du club qui m’envoient leurs photos pour que j’en fasse un album. » _«Mais ils ne sont pas en France ? » Demande-telle en voyant les paysages. _«Non ils sont au Etats-Unis. » _«C’est la route 66 n’est-ce pas ? » _«Oui, c’était la grande sortie de l’année, c’est pour ça que je concocte un programme pour mettre tout ça en images. » _«Pourquoi n’es-tu pas avec eux ? » _«Tu sais ma jambe me fait un peu mal, je n’aurais pas pu faire un si long trajet. » _« J’ai du mal à te croire, tu passes des heures à rouler par tout les temps sur ta moto. » Jean-Paul pris la main de Corinne et lui dit : _«Je n’aurais pas pu y aller en te laissant derrière moi. » _«Mais Jean-Paul c’était ton rêve, tu m’en parlais déjà même avant notre mariage ! » _«Les rêves sont fait pour être rêvés, mais la vie est faite pour être vécu, qu’est-ce que c’est que la route 66 ? Juste un peu de bitume dans le désert, mais de t’avoir retrouvé c’est tellement plus fort. » _«Jean-Paul tu t’es privé de ton rêve pour moi ? » _«Non, c’est toi mon rêve Corinne. » _«Tu m’aimes toujours alors ? » _«Plus que jamais, » Corinne se blottit contre Jean-Paul comme elle a toujours tant aimée le faire et dit doucement : _«Mon petit ex-mari, je n’ai jamais cessé de t’aimer. » Jean-Paul et Corinne sont restés ainsi enlacés plusieurs minutes sans pouvoir se lâcher, leur amour était encore plus fort qu’aux premiers jours, si fort qu’ils ne pouvaient plus rien faire l’un sans l’autre. Il leur a fallu plus de trente ans pour apprendre à vivre ensemble, mais depuis qu’ils se sont retrouvés ils ne se sont plus jamais disputés. Après avoir bien cru être séparés par la mort ils se sont rendus compte à quel point ils s’aimaient vraiment. L’année suivante ils sont partis au Etats-Unis pour faire toute la route 66 en amoureux, ils ont loués un trick pour que ce soit plus confortable, Jean-Paul n’avait pas mal à sa jambe, Corinne était confortablement installé et pouvait faire autant de photos qu’elle voulait tout au long du trajet, ils ont même fait un croché par Las-Vegas et se sont remariés, cette fois-ci ils savaient que c’était pour la vie. Corinne a enfin su cultiver cette rose qui garde ses pétales et ne perd que ses épines, cette rose s’appelle l’amour et son amour s’appelle Jean-Paul. L’amour peut être aussi beau que cruel, mais quand on sait aimer l’amour sait rendre le bonheur. John Collomb. |