Patricia est une jeune fille de treize ans, elle est fille unique, ses parents travaillant tous les deux n’ont pas désirés avoir d’autres enfants. Elle est plutôt bonne élève, assez soignée, sa chambre est rarement en désordre, en fait ses parents n’ont pas à se plaindre d’elle. Patricia a deux bonnes copines, Sylvie, qui a également treize ans, et Corinne qui n’a que onze ans. Toutes trois sont inséparables, elles se connaissent depuis l’école primaire et partage tout depuis.
Un jour alors que Patricia regardait la télé, elle s’était endormi sur le canapé,  c’est sa mère qui l’a réveillé, elle venait de rentrer de son travail lorsque la sonnerie de son portable retentie, pour ne pas manquer l’appel la jeune femme fouille avec hâte dans son sac, un peu trop de hâte peut-être, car ne trouvant pas le portable elle fini par retourner le sac sur la table de salon. Divers objets glissent et certains même tombent sur le sol, Patricia les ramasse aussitôt et les repose sur la table. Parmi les objets un paquet de cigarettes s’ouvre en tombant et quelques cigarettes roulent sur le sol, la jeune fille les remet dans le paquet et c’est en le posant sur la table de salon qu’elle s’aperçoit qu’une cigarette est resté par terre. Tandis que sa mère s’éloigne tout en répondant au téléphone, la jeune fille ramasse la cigarette pour la remettre en place, mais à ce moment là, sans vraiment savoir pourquoi, elle décide de la mettre discrètement dans sa poche. Patricia n’a pourtant jamais fumé, elle n’en a même jamais eu l’idée, mais il ne lui a fallu qu’uns fraction de seconde pour décider de garder cette cigarette. Elle regrette presque aussitôt son geste, et veux la remettre dans le paquet mais sa mère, qui vient de finir sa communication, revient au salon et remet tout dans son sac. La jeune fille se sent mal à l’aise avec cette cigarette dans sa poche, seulement il est à présent trop tard pour la remettre en place. Un peu plus tard elle va la cacher dans le tiroir de sa table de nuit en attendant un moment plus propice pour s’en débarrasser.
 


au septième étage personne ne la remarquera. Elle va quand même hésiter plusieurs minutes, l’allumer ? La jeter ? Que faire ? Que ferait Sylvie ou Corinne ? Patricia sait très bien que c’est mal, que si ses parents savent un jour qu’elle a fumé elle sera sévèrement punie, alors elle ne doit plus se poser de questions et jeter cette cigarette qui lui cause autant de tourments. Mais d’un autre coté puisque qu’elle a une cigarette dans une main et un briqué dans l’autre elle a très envie de satisfaire sa curiosité. Et puis elle se dit qu’elle n’est pas obligée de la fumer entière, juste l’allumer pour savoir ce que c’est que de fumer et elle pourra la jeter ensuite. D’une main légèrement tremblante la jeune fille porte la cigarette à sa bouche, elle allume le briqué et approche doucement la flamme du bout de la cigarette, soudain la fumée lui envahit la bouche en lui irritant la langue ! Patricia toussote en recrachant un peu de fumée.

 
Le lendemain les trois jeunes filles se retrouvent comme prévu, Corinne essai toujours de les dissuader mais elles sont bien décidées à aller jusqu'au bout. Elles se rendent au parc, se cherchent un endroit bien tranquille à l’abri des regards indiscrets, et c’est Patricia qui la première allume sa cigarette. Sylvie est un peu intimidée mais ne le montre pas, elle allume sa cigarette à son tour malgré les mise en garde de Corinne. Les deux jeunes filles essaient de faire fumer Corinne, mais sans succès, cette dernière n’a pas du tout l’intention de les imiter. Patricia n’avait pas vraiment l’intention de fumer d’autres cigarettes, mais quand Sylvie lui a proposée de recommencer le mercredi suivant la jeune fille a acceptée rien que pour relever le parie. Corinne avait beau protester, ce nouveau jeu amusait beaucoup ses deux camarades. Et le mercredi suivant elles retournaient au parc pour fumer de nouveau, et ainsi de suite chaque mercredi après-midi Patricia et Sylvie fumaient une cigarette.
Petit à petit Patricia prenait de l’assurance dans l’art de chiper des cigarettes à ses parents, elle n’attendait pas toujours le mercredi pour en fumer, son balcon lui offrait suffisamment de discrétion pour en fumer quelques une dans la semaine. Au bout de deux mois Corinne a fini par accepter d’en fumer une avec ses camarades, une seule juste pour ne pas être tenue à l’écart du groupe, mais elle aussi s’est prise au jeu et très vite les trois jeunes filles se sont mises à fumer de plus en plus. Puis est venu le moment ou elles ont décidés de s’acheter un paquet de cigarettes pour se le partager, c’était plus pratique et moins risqué d’être surprise à se servir dans les paquets de leurs parents. Il ne s’est pas écoulé beaucoup de temps avant qu’elles s’en achètent un chacune, même Corinne qui y était opposée au début a bien rattrapée ses camarades.
 
 
Quelques jours plus tard ce fut un rouge à lèvres que Patricia volait dans un autre magasin pour une amie de Chantal, ça lui paraissait si facile qu’elle eu l’idée de s’organiser. Sylvie passait des commandes auprès d’autres élèves du collège, et Patricia se chargeait de ramener ce qu’elle pouvait. Corinne n’était pas d’accord pour voler quoi que ce soit mais elle accepta tout de même de faire diversion en occupant la vendeuse pendant que Patricia dérobait quelque chose. En suite Sylvie revendait discrètement le fruit de leur larcin puis elles se partageaient la recette. En quelques semaines elles doublèrent, puis triplèrent leurs revenus bien mal acquis. Pour ne pas être trop facilement repérée, Patricia et Sylvie échangeaient quelques fois leurs rôles, puis finalement Corinne s’y mit elle aussi, devenues ainsi interchangeables elles passaient plus facilement inaperçues. Au bout de quelques mois leur carnet de commandes augmentait tant qu’elles avaient des difficultés à en assurer les livraisons, alors Patricia décida d’employer des camardes de confiance. A quinze ans la jeune fille avait cinq camarades qui volaient pour elle, Sylvie en avait trois, quant à Corinne elle en avait recruté deux pour passer les commandes. Leur petite affaire prenait de l’expansion, elles durent recruter d’avantage, mais elles commençaient à avoir un problème de stockage. Ça devenait difficile de garder caché dans leurs chambres les différant objets avant de les livrer. C’est auprès du grand frère de Chantal qu’elles trouvent la solution, c’est un jeune homme de vingt et un ans qui loue un appartement, compris avec l’appartement il y a un garage dont-il n’a pas l’utilité, il ne leur reste qu’a sous-louer le garage. Pour arriver à leurs fins elles passent par l’intermédiaire Roland, l’un de leurs acolytes, qui officiellement a en besoin pour y entreposer des instruments de musique pour le groupe qu’il est en train de monter.
 


- Je ne vais pas le dire à papa, mais tu n’as que quinze ans ma petite fille, tu es encore trop jeune pour fumer.
- Ma copine Sylvie a déjà le droit de fumer, et nous sommes du même âge.
- Toi il te faudra attendre d’avoir seize ans pour qu’on t’autorise à fumer, mais si papa ne le sait pas je suis prête à fermer les yeux.
- Tu me permets de fumer ?
- Non, pas encore, mais si je ne le sais pas ça ne compte pas, après tout si tu veux fumer c’est toi que ça regarde.
Patricia est rassurée d’avoir échappé à la punition, il ne lui reste plus que quelques mois à attendre pour avoir enfin l’autorisation de fumer, depuis plus de deux ans elle a quand même bien réussit à échapper à la vigilance de ses parents, il ne lui suffit juste de ne plus se faire surprendre de nouveau à fumer pendant quelques temps et elle n’aura plus à s’en cacher.

Une grande fille c’est se qu’elle est lorsqu’elle dirige les opérations de son travail parallèle, le garage leur permet d’entreposer beaucoup de choses, les trois jeunes filles recrutent encore plus de monde à qui elles délèguent différentes fonctions. Leur secret c’est que la plus part ne se connaissent pas, elles font le lien entre eux mais se présente toujours sous une autre identité pour éviter d’être dénoncées en cas de problèmes. Beaucoup de choses passent par le garage, des téléphones portable, des logiciels, des blousons ou autres vêtement à la mode, elles sont peu regardante sur la provenance du moment qu’elles ne sont pas directement impliquées. Leur business s’organise de mieux en mieux, certains sont chargés des commandes et des livraisons, mais ils ne savent pas d’où ça vient, d’autres sont chargés de se procurer les marchandises mais ils ne savent pas où elles vont, d’autres encore sont chargés des les transporter du voleur au garage, mais s’en est d’autres qui les transportent du garage aux livreurs. Personne ne peu suivre une marchandise de son départ à son arrivée, seules Patricia, Sylvie, et Corinne supervisent les opérations. Elles sont à présent bien loin des quelques articles dérobés dans les magasins, elles ont montés un réseau très efficace, mais lorsqu’elles sont chez elles ce sont des jeunes filles très sages que personne ne soupçonnerait mener une double vie.
 
Deux jours plus tard Patricia va voir un dealer en lui expliquant qu’elle serait prête à en acheter peut-être plus pour en revendre, le dealer lui répond que plus elle en achètera et plus il baissera le prix. C’est Sylvie qui se charge de passer les commandes, et très vite elle a beaucoup de commandes. Bien sûr les deux jeunes filles tiennent à tester elles même chaque livraison, et il ne faut pas très longtemps avant que Corinne les suive à son tour. Elles ont tout de suite appliqué leur méthode de cloisonnement pour étendre leur rayon d’axions, avec un système de bonus aux meilleurs revendeurs. Puis Patricia a compris qu’elles pouvaient gagner encore plus d’argent en vendant à certaines filles qui n’avait pas de quoi payer, il leur suffisait d’accepter de coucher avec des garçons, qui eux pouvaient payer. Compte tenu de leurs jeunes âges c’est par téléphone qu’elles organisaient les rendez-vous. Entre toutes leurs activités extrascolaires les trois jeunes filles amassaient une vraie petite fortune, beaucoup trop d’argent liquide qu’elles devaient garder bien caché pour ne pas avoir à se justifier auprès leurs parents.
 


longtemps pour toucher à sa part, mais ses camarades partageaient tout avec elle. Officiellement les trois jeunes femmes étaient associées dans une entreprise d’achat et de vente par internet, leurs entourages ne se doutaient pas que les voitures de sport, l’appartement de lux qu’elles partageaient, et la grande vie qu’elles menaient provenait de réseaux de vols organisés, de recèles, ainsi que de la drogue et la prostitution. L’argent attire l’argent comme un aimant, elles blanchissaient l’argent sale, l’investissaient dans des immeubles, des axions, des entreprises, bars, ou autres discothèques, elles comptent dans leurs amis le gratin de la société locale, et quelques personnalités politique. Sexe, alcool, et drogue sont leur quotidien, aucune des trois ne garde une relation amoureuse très longtemps, les hommes ne font que passer dans leurs vies. Les années passent aussi, mais elles ne s’en rendent même pas compte, les trois jeunes collégiennes sont devenues des femmes, leur fortune ne connait pas la crise, elles sont à la tête  d’un empire financier qui fonctionne quasiment tout seul. Chacun ne connaissant qu’un ou deux contactes de cet immense réseau, il est quasiment impossible de remonter jusqu’à elles.

 
 
Une seconde fois Patricia doit dire au revoir à la seule amie qui lui restait, les funérailles ont été à la hauteur de leur amitié,  mais Patricia était un peu morte avec ses amies, sa vie était à jamais devenue terne. Plus rien ne pouvait lui redonner le sourire, ni sa fortune colossale, ni tout ce que l’argent pouvait lui apporter. Elle ne cessait de boire et de se droguer, chaque jour un peu plus, le temps ne parvenait pas à cicatriser sa blessure. Trois ans ont passés depuis le décès de Sylvie et Patricia ne parvient toujours pas à s’en remettre, elles étaient si heureuse toutes les trois, seule sa vie n’avait plus aucun sens. Alors la jeune femme décide d’y mettre un terme, elle décide de partir en beauté en quittant à son tour l’appartement pour rejoindre ses amies. Elle met sa plus belle robe, se maquille avec soin, fume une dernière cigarette, et ouvre la fenêtre pour se jeter dans le vide. C’est alors que la sonnette retentit, dans un premier temps elle ne compte pas répondre, mais elle se dit qu’elle va mourir sans savoir qui sonnait. Ça peut paraitre idiot mais partir en gardant une question ça peut vous pourrir toute une éternité ! La jeune femme va ouvrir et tombe sur un livreur de pizza.
 
Patricia ressent soudain le besoin de parler et le livreur est prêt à l’écouter, la jeune femme se moque de ce qu’il pourrait bien penser d’elle car elle a toujours l’intention de se jeter par la fenêtre après son départ, alors elle parle sans retenue. Elle lui raconte sa vie, comment avec ses deux amies elles se sont laissé entrainer sans s’en rendre compte dans ce tourbillon infernal. Lui l’écoute sans la juger, il la comprend même, ils parlent plusieurs heures de leurs vies respectives, pour la première fois depuis bien longtemps Patricia se sent bien et détendue. Une petite complicité commence à naitre entre eux, la jeune femme n’a presque plus envie de sauter par la fenêtre, en tout cas pas tout de suite, car mise à part ses deux amies, il est le seul qui a l’air de l’apprécier pour autre chose que le sexe ou sont argent. Lui se nome Patrick, il a été marié cinq ans, il n’a pas d’enfant, il vit de petits boulots du moment que c’est honnête et que ça lui laisse du temps pour sa passion, la photo. Ils parlent longtemps, jusque tard dans la nuit, et quand Patrick s’en va la jeune femme lui fait promettre qu’ils vont se revoir.
Durant près de deux mois ils se revoient de plus en plus régulièrement, plusieurs fois Patricia lui a proposé de venir s’installer chez elle, mais il a toujours refusé, il préfère garder son autonomie. L’amour commence à naitre entre eux, ça n’à rien à voir avec tout ce que la jeune femme avait pu connaitre auparavant, elle n’oublie toujours pas la douleur de la perte de ses amies, mais à présent elle commence à voir une lueur d’avenir. Elle voudrait recommencer une nouvelle vie à zéro avec lui, laisser derrière elle la drogue, l’alcool qui la ronge petit à petit, abandonner ses activités, qui sont lucratives, mais qui sont aussi en opposition avec la vie qu’elle voudrait mener avec Patrick. La jeune femme avait amassé suffisamment d’argent pour vivre confortablement jusqu’à la fin de ses jours, et se consacrer à sa nouvelle vie. Seulement depuis toutes ces années ses activités faisaient vivre beaucoup de monde, si elle se retirait du marché il y avait un gros manque à gagner pour ses fournisseurs. Et son réseau bien structuré attirait beaucoup de convoitises, certains avaient essayés dans le passé de lui prendre la place, mais la structure de son réseau empêchait toute traçabilité, même de l’intérieur personne ne pouvait savoir d’où venaient et où allaient les divers marchandises. C’est ça qui faisait sa force, personne ne connaissait personne, le parfait cloisonnement en quelques sortes.
 
 
 
Les deux hommes lient les mains de Patricia dans le dos puis ils trainent la jeune femme  qui se débat en vain, dans le garage il y a déjà six hommes et une femme qui attendent. L’un des hommes fixe la corde à un treuil qui est là en principe pour lever des charges lourdes, Patricia commence à paniquer, son air arrogant qu’elle avait en arrivant à complètement disparu faisant place à une inquiétude grandissante. Roland a le goût de la mise en scène mais là il a tout à fait l’air de vouloir aller jusqu’au bout, il ne lui propose aucun échappatoire. Elle ne voit pas se sortir de cette situation, tout se qui lui vient à l’esprit c’est d’essayer de gagner un peu de temps. L’un des hommes de main de Roland passe la corde autour du coup de la jeune femme et tire sur la chaine qui fait tourner la poulie du treuil, la corde commence à se tendre, Roland lève la main pour lui faire signe d’arrêter.
 
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Ne se préoccupant plus de la corde la jeune femme prend appuie sur l’un de ses pieds et frappe avec l’autre aussi fort qu’elle le peut entre les jambes de Roland, elle sent quelque chose craquer lorsque son pied fait décoller son tortionnaire du sol, il s’effondre les deux mains entre les jambes et la bouche grande ouverte. Aussitôt l’homme derrière elle tire une dernière fois la chaine, et Patricia décolle du sol. Elle sent la corde lui écraser le cou, elle ouvre grand la bouche pour tenter de respirer, ses poumons forcent pour essayer de faire rentrer un peu d’air, ses pieds cherche en vain un point d’appuie, seulement le seul point d’appuie qu’il lui reste c’est la corde qui se resserre un peu plus sur son cou à chaque mouvement. Patricia tire de toutes ses forces sur ses liens pour tenter de se libérer les mains, puis elle est prise de tremblements, son visage rougit à vu d’œil, sa vue se brouille, elle sent qu’elle commence à perdre conscience, mais malgré tout elle ressent une satisfaction en voyant Roland toujours étendu sur le sol. Toutes les personnes présentes dans le garage essayaient de lui porter secoure, mais Roland semble complètement inconscient, peut-être est-il mort ?
 
La jeune femme ne sent même plus la douleur de la corde sur son cou, elle ne sent même plus son corps, il lui semble s’endormir doucement sans pouvoir lutter. Puis elle a l’impression de respirer à nouveau, sans doute n’est-ce qu’une impression, sans doute est-elle en train de vivre le court moment entre la vie et la mort, mais elle se sent sereine. Elle bat deux ou trois fois des paupières avant d’ouvrir les yeux, elle ne comprend pas, elle n’est plus au bout de sa corde mais étendue sur un lit. Elle se passe la main dans les cheveux… Tiens ! Ses mains ne sont plus attachées. Que s’est-il passé ? Est-elle morte ? Est-elle toujours en vie ? Combien de temps a-t-elle été inconsciente ? Reprenant petit à petit ses esprits, elle commence à comprendre. Tout ça faisait parti du scenario de Roland, sauf peut-être le coup de pied qu’elle lui a administré, il espère sans doute qu’après avoir vu la mort de si prêt elle sera plus à même de lui révéler ce qu’il veut savoir. Son esprit tordu est capable de monter des scenarios digne des meilleurs metteurs en scène, mais Patricia sait qu’au final il la tuera, il va lui falloir gagner du temps et trouver un moyen de fuir. La jeune femme s’assoit dans le lit et regarde autour d’elle, elle se trouve dans une chambre. Le décor de la chambre ne lui est pas inconnu, il ressemble à s’y méprendre à sa chambre d’adolescente. Jusqu’où Roland peut-il aller pour jouer avec la psychologie ? Où veut-il en venir ? Patricia se lève et va automatiquement à la porte, elle est sans doute fermer à clef mais ça ne coute rien de vérifier. Mais lorsqu’elle tourne la poignée la porte s’ouvre, étonnant, sans doute que l’un de ses gorilles est en train de monter la garde devant, la jeune femme jette un furtif coup d’œil, rien que le couloir, le même couloir que dans l’appartement de ses parents. Elle se demande bien pourquoi Roland a reproduit exactement le même décor au détail près ? A pas de loup elle avance dans le couloir, tout est rigoureusement fidele à ses souvenirs, comment a-t-il bien pu réaliser cette prouesse ? La jeune femme entend des petits bruits qui proviennent de ce qui devrait être la cuisine, toujours aussi discrète que possible elle s’avance et là c’est comme un électrochoc ! Roland a poussé le vis à mettre dans ce décor une actrice qui est le parfait sosie de sa mère avec vingt ans de moins ! Mais elle se ressaisit très vite, la jeune femme n’a pas beaucoup de temps devant elle, sans doute que des cameras son dissimulées un peu partout, il lui faut agir vite, mais pas n’importe comment. Il lui faut un plan, car elle n’aura pas le droit à un deuxième essai. La jeune femme retourne à la chambre pour voir de quoi elle pourrait disposer, et aussi trouver quelque chose à se mettre aux pieds, si elle devait fuir pieds nus elle serait très vite rattrapée. S’approchant de l’armoire elle voit dans le miroir non pas son reflet mais une jeune fille, aussitôt la jeune femme fait un pas en arrière, puis regarde à nouveau et voit la même jeune fille, en fait elle se voit elle en jeune fille.
 


Le moment de surprise passé, Patricia fait quelques mouvement pour voir si reflet virtuel suit bien les siens. D’une l’image semble parfaite, mais en plus tout les détails sont parfaitement rendus. Roland a bien connu Patricia lorsqu’elle avait une quinzaine d’années, mais de là à se souvenir d’autant de détails pour en reproduire une image virtuelle ! Et dans quel but veut-il lui faire croire qu’elle aurait remonté le temps ? Patricia sait qu’elle a trente-quatre ans, elle se souvient de toute sa vie, sauf peut-être quelques détails que l’alcool et la drogue ne lui ont pas permis de conserver, mais jamais Roland ne pourra lui faire croire qu’elle est revenue vingt ans en arrière. Et ce n’est certainement pas avec ce scénario de détraqué qu’il va réussir à lui faire donner les secrets de son réseau. Bien que la jeune femme soit en train de vivre une véritable histoire de fou, elle garde la tête sur les épaules.

Un détail qui aurait pu être insignifiant lui saute aux yeux, elle n’a pas de rouge à ongle, Roland a même poussé jusqu’à la faire manucurer avant son réveil pour lui redonner ses mains de jeune fille, Patricia fronce les sourcils, sa poitrine aussi a l’air d’avoir disparue ! Ça lui a couté assez cher pour avoir une belle poitrine et il ne lui en reste quasiment rien! Roland a beau être un maitre de la mise en scène, là c’est bien plus que ce qu’il peut réaliser, tout se bouscule dans la tête de la jeune femme, et elle commence à comprendre. Roland n’est peut-être pour rien dans ce qu’il lui arrive, tout ça n’est peut-être pas réel, elle est sans doute toujours pendue au bout de sa corde et c’est son esprit qui divague lui faisant revivre son enfance. Cet état ne dure sans doute qu’une à deux seconde, mais comme lorsqu’on rêve le temps semble bien plus long. Patricia vient de prendre conscience qu’elle est en train de mourir, mais ne pouvant rien y changer elle savoure ses derniers instants de vie. Quelque part être une femme de trente-quatre ans avec un vécu quelque peu inhabituel dans le corps d’une jeune fille innocente d’une quinzaine d’années ça à petit coté cocasse. Patricia ne sait pas combien de temps son état va perdurer, mais après tout ce qu’elle a vécu retrouver l’innocence de sa vie de jeune fille est le plus beau cadeau que la vie lui ait faite.
Comme si de rien était elle se prépare comme elle le faisait autre fois avant d’aller au collège, quelle douceur d’échanger quelques mots avec sa mère avant de partir, elle avait oublié à quel point ces moment son magiques. C’est fou ce qu’un cerveau peut stocker comme détails, tout lui revient comme c’était dans son enfance. Un peu plus tard elle a un choc en retrouvant Corinne et Sylvie, comme si la drogue et le sida ne les avaient jamais emportées loin d’elle. Patricia revit des moments de bonheur qui était enfouit au fond de sa mémoire depuis des années, mais en les revivant elle se rend compte à quel point elle n’avait pas su les apprécier lorsqu’elle était jeune fille. La jeune femme vit avec tant d’intensité ces instants qu’elle en oublierait presque la dure réalité, si elle avait su à l’époque ce que lui réservait la vie elle aurait pris un autre chemin. Jamais elle aurait touché à la drogue, l’alcool, et même peut-être jamais fumé non plus, car c’est pour s’acheter des cigarettes qu’elle a commencée à voler dans des magasins, point de départ de cette vie tumultueuse. Patricia se rend subitement compte que ni elle ni ses camarades n’ont encore fumés une cigarette, elles n’en n’ont  
 


même pas parlé, bien que dans un rêve les choses sont différentes de la réalité dans sa jeunesse elles fumaient en cachette, et c’est d’ailleurs un peu à cause de ça que leurs vies ont pris ce tournant qui les a menées dans ce tourbillon infernal. Et puis un rêve peut-il durer ainsi aussi longtemps ? Patricia sait que dans la réalité elle est en train de murir pendue mais plus le temps passe et plus c’est son rêve qui semble réel et sa vie qui lui semble avoir été rêvé. Non ce n’est pas possible, elle ne peut pas avoir rêvé sa vie, elle l’a bien vécu, elle se souvient de trop de détails qu’une jeune fille ne pourrait même pas imaginer. Et pourtant, tout semble bien plus réel à présent. Est-ce ça la mort ? Revivre sa vie indéfiniment ? Non, sans doute que non, alors qu’est-ce qu’il s’est réellement passé ? Tout au long de la journée Patricia cherche à comprendre, mais tout ce qu’elle comprend c’est qu’elle continue à vivre dans son corps de jeune fille, et comme elle est en cinquième c’est qu’elle n’a que treize ans. Treize ans, c’est à cet âge là qu’elle a fumé sa première cigarette, et c’est à cause de cette première cigarette que sa vie a basculé. Si tout ça n’avait été qu’un rêve ? Ou plutôt un cauchemar, que rien ne serait vraiment arrivé, si elle avait vraiment cette chance d’avoir encore le choix, que ferait-elle?

Le soir elle a peur de s’endormir et de se réveiller agonisante au bout de sa corde dans le garage de la villa de Roland, Mais le sommeil finit par venir et au matin elle se rend compte qu’elle est toujours une jeune fille de treize ans. Sans oublier que tout ça reste inexplicable, elle continue à mener sa vie d’adolescente. A l’époque où elle était jeune fille, le mercredi après-midi, elle retrouvait Corinne et Sylvie pour aller se promener au parc ou au centre commercial. Patricia ne change rien à ses habitudes et dans l’après-midi elle va retrouver ses camarades. Lorsque la jeune fille rejoint ses camarades elles étaient en train de parler d’un film, Patricia écoute Corinne qui relate le film. L’histoire parlait d’une jeune femme qui avait monté un réseau de trafique de drogue, plus sa copine racontait l’histoire et plus Patricia reconnaissait sa propre vie, surtout quand Corinne raconte qu’à la fin du film 
 
Brusquement tout devient clair dans la tête de la jeune fille, ce film là elle aurait dû le voir, elle regardait la six quand elle s’est endormi sur le canapé et c’est sa mère qui l’a réveillé quand elle est rentrée du travail. C’est ce jour là que sa mère a retournée son sac sur la table de salon pour trouver son portable et que son paquet de cigarettes est tombé au sol, ça avait été une occasion fortuite pour la jeune fille de lui chiper une cigarette. Le film qu’elle n’avait pas vu mais entendu pendant son sommeil a été l’élément qui lui a fait faire ce rêve qu’elle a cru avoir vécu ! Patricia se sent soudain soulagée, elle n’a jamais été adulte, ne s’est jamais droguée, tout ça n’a été qu’un rêve qu’elle avait cru vivre ! Mais la jeune fille en a quand même tirée une leçon, sa vie va être totalement différant que dans son rêve.
 
 
 
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